Marie Ochka, artiste, feutrière. Tous droits réservés http://marieochka.fr/ "Quitte, en prenant la fuite, les injustices du sort si tu ne peux les supporter" Cicéron

dimanche 26 avril 2015

La Marie se sent de plus en plus apte à soumette à la réponse ceux qui la soumettrait à la question


Sur l'air de Carmen : (petite inquisition espagnole prend garde à toi) "la question est enfant de problème qui n'a jamais, jamais connu de..."

Pourquoi Marie Ochka ? 
Bon, j'avoue, si j'avais été chanteur de groupe de hard rock, je me serais appelée HieronymusVan Aken, mais comme je suis feutrière, j'ai choisi Marie Ochka.


Pourquoi la laine de mouton ? 
Parce que les mammouths ont disparu, évidemment, pour quelle autre raison ? (rires).

Pourquoi êtes vous fan de Thiéfaine ?
Déjà, avant de vous répondre, je vais un peu chipoter sur le vocabulaire, je ne sais pas ce que vous entendez par "fan", mais à mon sens, qui n'est toujours pas le sens commun, je ne suis pas assez intrusive pour être fan de qui que ce soit, mais bon passons.
Oui, j'ai un profond respect et une haute admiration pour l’œuvre de cet homme-là, c'est comme ça. Je lui suis aussi très reconnaissante, car je ne sais quel rôle précis ont joué certaines de ses chansons dans ma vie, je ne sais par quels chemins elles voyagent dans mon crâne jadis contaminé par d'insidieux poisons, ni pourquoi, lorsque je l'écoute, je ne tangue plus sur les sables mouvants sur lesquels je suis visiblement bâtie, mais ce que je sais, c'est que je NE VEUX PAS le savoir. Pour moi, son œuvre vit. Disséquer ses chansons serait comme les réduire à l'état de peaux mortes et je ne me sens pas l'âme de les zigouiller pour trouver une réponse. Non, je n'exagère pas : j'ai fait des études plus ou moins littéraires, et force est de constater que, pour cette raison, sur mes étagères gisent comme des tombes certains des livres que j'ai trop analysés et disséqués. En réalité (et je préfère l'imaginaire), je pourrais vous donner mille raisons que je pressens, que je devine, mais je n'en donnerai qu'une seule : demandez-vous, vous qui voulez tout comprendre, combien, parmi les artistes dont vous fréquentez l'oeuvre, auraient vraiment eu droit de cité sans l'aide des médias ? Cet homme-là n'a pas un public de bovins qui attendaient sagement que les autorités incompétentes disent la messe pour faire carrière. Il a trouvé son public avec courage, à grands coups de talent. A petits coups d'aiguilles, il a brodé comme personne un univers qui lui est propre, car MONSIEUR Thiéfaine ne peut être remplacé par personne d'autre, il est unique à chanter au milieu des troupeaux. 


Vous dites souvent que vous venez de pluton, pourquoi ? 
Mais parce que je viens VRAIMENT de pluton (rires) !


Voilà un moment que vous travaillez à une œuvre qui ne semble pas vouloir pointer le bout de son nez, il n'y aurait pas un peu de procrastination la-dessous ?
(rires). Oui, ça me fait toujours rire lorsqu'on me traite de faignasse. 
Je sais, c'est bizarre pour bon nombre de terriens qui remplissent leur temps libre comme si c'était une oie au bord de l'apoplexie (Ont-ils peur de rester seuls avec leur cervelle ? Oui, des fois je m'interroge aussi, mais de moins en moins, à chacun ses raisons après tout, j'aime à prendre mon temps pour caresser mes douces chimères), je sais donc que c'est bizarre de prendre son temps, tout son temps, mais je jardine mon œuvre. Quand elle sera mûre, je la cueillerai et je ne peux pas aller plus vite que le rythme des saisons (plutoniennes, ça va de soi (rires)).

N'est-ce pas une forme de lâcheté que de cultiver l'imaginaire plutôt que de faire quelque chose de plus concret et palpable dans la réalité ?
Tant qu'il y aura des gens pour croire que l'imaginaire est inutile, je continuerai à le jardiner. Rien n'a été plus utile dans ma vie que l'imaginaire. Si je suis debout aujourd'hui, relativement gaie et enthousiaste, malgré les questions cons qu'on peut me poser parfois et les aléas de la vie, c'est grâce à l'imaginaire, mais pour lui, c'est comme pour les chansons de Thiéfaine : le disséquer avec le scalpel de mon esprit reviendrait à le laisser à l'état de peau morte, or c'est mon souffle de vie. Ma vie m'est devenue précieuse, je ne vais donc pas porter atteinte à mon entité vitale, j'ai autre chose à faire de plus futile et donc de plus important.

6 commentaires:

  1. Mon père appelait ces choses futiles des "niaiseries".
    Il me disait : "Encore en train de faire des niaiseries ?"
    Mais il se bornait à constater la chose et ne m'a jamais empêché de continuer à les faire.

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    1. Oh, j'ai pris bien soin de ne jamais déplier mon imaginaire devant ce qui m'a servi de père ! Il aurait ravagé la chose d'une façon ou d'une autre, à n'en point douter, à moins que n'ayant pas le droit d'aimer qui je voulais sans causer de grands malheurs, j'ai eu peur de déplier ce que j'aimais depuis toujours, va savoir...
      Petiote, je me cachais pour rêver en paix et déplier mon imaginaire, dans ou sous mon lit, par exemple, c'était un lieu magique d'où rien ne pouvait transpirer, je me demande même si je n'ai pas mouillé mes draps jusque mes 14 ans pour bien marquer ce territoire qui était le mien ! Un vieux wagon de chemin de fer abandonné et un souterrain, la niche de ma pauvre chienne où je me cachais malgré l'odeur du chenil, c'est assez étrange, les lieux où germaient mon imaginaire avaient tout l'air d'être des lieux de désolations, il y dansait pourtant les rêves et les couleurs et ce souffle, que je ne savais pas encore être mon souffle de vie et que je n'avais pas encore réussi à captiver pour le nicher au creux de ma poitrine, bien au chaud dans ma cage thoracique. Aujourd'hui mes rêves et mes amours dorment et se déploient enfin, il faudrait me tuer pour les éteindre, c'est te dire si pour que j'arrête mes niaiserie, il ne faudrait pas y aller de main morte ;) Il faudrait me tuer donc et c'est (paradoxe étonnant) l'idée de me foutre en l'air allumée dans mon crâne qui a rallumé les feux de mon imaginaire il y a dix ans ! Comme j'avais peur alors pour eux, pour moi, j'avais raison tu me diras, ravagés une fois depuis, ça revient, je ne sais par quel miracle (je crois pas aux miracles). J'ai appris, après ce grand fracas, enfin je l'espère, à protéger ce qui m'est si cher.

      Je t'embrasse mon cher Walrus !

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  2. Lu et entièrement approuvé !!!!!! Des réponses bien envoyées !!! L'imaginaire est absolument VITAL !!!!! Je te fais confiance pour continuer à le cultiver à foison !!!! Des bises plutoniennes (qui font des petits cœurs sur les joues ♥ ♥ ♥)

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    1. Tu m'en vois ravie :) Oui, j'ai décidé de m'amuser un peu avec l'interrogatoire, cette chose qui m'enquiquine tant ;) Ma foi, il pousse tranquille et j'en prends soin.
      Des bises de semaine des quatre jeudis (qui font des étoiles dans les mirettes).

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  3. Saperlipopette!!! Des mammouths laineux vivent sur Pluton, cultivent l'imaginaire dans leur jardin en écoutant HFT......
    Bises rieuses ;)

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    1. Il s'en passe sur ma planète, n'est-il pas ? Et encore, je ne dis pas tout ;)
      Ravie de te voir rire Cécile.

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