Marie Ochka, artiste, feutrière. Tous droits réservés http://marieochka.fr/ "Quitte, en prenant la fuite, les injustices du sort si tu ne peux les supporter" Cicéron

mercredi 31 décembre 2014

Dans la catégorie "Les rites de Mama Ochka", un rare, très rare, pour finir l'année

Mama Ochka boit du thé mais il arrive, rarement, très rarement, si la migraine ou la fatigue s'y prêtent, que Mama Ochka boive du café et là, comme toute bonne sorcière qui se respecte, elle fait un peu de divination...
Mama Ochka, ce matin, a auguré un cheval, son petit homme, diligent, a instantanéifié l'instant (merci à lui !) :


Devinons donc, la divination :
Soit faut que je mange du cheval (mais je dois être trop anglicane pour faire pareille chose), soit faut que je monte à cheval (mais la moutarde téméraire ne me monte pas du tout au nez, c'est dire si je le sens pas), soit faut que je joue au PMU pour la première fois de ma vie et parier sagement sur l'outsider (me remettrai-je de ma surprise s'il gagnait ? J'aime pas vraiment les surprises, je me soigne mais je ne pense pas avoir assez de cette vie pour ce faire), soit faut que j'achète une roulotte ! Ben quoi ?

Ah, si seulement ça avait été un âne tout aurait été plus clair (j'ai vu chez le broc' un bureau à glissière, dit "dos d'âne", j'adorerai en avoir un de cet acabit) mais un cheval ! Quoique, les fleurs de porcelaine (sur la tasse auguratrice), ça fait cimetière et si je ne m'abuse (et je ne fais jamais ça moi-même), il doit y avoir pas trop loin d'ici la tombe du roi des gitans*, quand je vous dis que ça a un rapport avec un bureau ! Du coup, et c'est légitime, je vais finir l'année en me demandant si "un corbeau ressemble à un bureau" et aller finir de lire mes oracles dans le vol des choucas et autre Corneille : "Devine, si tu peux ; et choisis, si tu l'oses". Avec ça, j'y vois déjà plus clair ! Forcément ! C'est que d'ordinaire, je bois du thé, et que, à force, j'ai une logique de chapelier**.

* Il me semble avoir entendu ça une fois, dans ce monde-ci ou l'autre, l'inventé, mais les frontières s'effacent, alors ce n'est plus très utile de faire une différence (la soustraction y est impossible de toute façon, c'est l'addition qui y prévaut, toujours, c'est la règle, la seule).

**Le Chapelier ... se contenta de demander :
Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ?
Veux-tu dire que tu penses pouvoir trouver la réponse ? demanda le Lièvre de Mars.
— Exactement.
— En ce cas, tu devrais dire ce que tu penses.
— Mais c'est ce que je fais », répondit Alice vivement. « Du moins... du moins... je pense ce que je dis... et c'est la même chose, n'est-ce pas ?
— Mais pas du tout ! s'exclama le Chapelier. C'est comme si tu disais : " Je vois ce que je mange ", c'est la même chose que : " Je mange ce que je vois ! "
— C'est comme si tu disais, reprit le Lièvre de Mars, que : " J'aime ce que j'ai ", c'est la même chose que : " J'ai ce que j'aime !

Ah ! Ce cher Lewis ! (Soupir d'aise)

jeudi 25 décembre 2014

Rites feutrés

Mama Ochka rendra grâce, aujourd'hui, comme il se doit, aux moutons de Noël !




et en profitera, au passage, pour vous souhaiter de joyeuses fêtes...


mardi 23 décembre 2014

Au chapitre de mes lubies : la valise défraichie

Je ne peux pas voir une vieille valise défraichie, à trois francs six sous, sans l'acheter, oui, même si la poignée est fatiguée ou inexistante, même si elle est trouée, griffée et j'en passe. La seule chose qui me rebute, le plus souvent, c'est le prix, mais c'est heureux, sinon, la maisonnée serait pleine de bagages ! Car ça fait 20 ans que cette lubie m'a prise...
Bien sûr, il y a une chose qui est difficile : lorsque je me ballade avec une de ces vieilles valises, un ou deux inconnu(e)s croisé(e)s m'appelle Linda se croyant drôles, j'imagine, ou me parle de ma valiche en carton avec un accent qui se veut portugais, enfin, je crois... mais bon, tant pis, si c'est le prix à payer pour ramener une de ses voyageuses chez moi et lui faire prendre une retraite salutaire dans mon imaginaire, ma foi...
Voici un petit échantillon de mes valises, j'en ai encore 5 ou 6 autres... Je n'en ai pas fait l'inventaire exhaustif...


Deux de celles-ci reprendront sans doute la route (si la vie le veut), une idée polymorphe qui me démange depuis un petit moment maintenant...

dimanche 14 décembre 2014

C'était il y a deux ans...

Oui, deux ans jour pour jour que j'ai planté pour la première fois une aiguille dans la laine... J'ai toujours le même plaisir et le même émerveillement à voir cette matière se modeler sous mes doigts.
Comme mon personnage emblématique ne vas pas trop sortir son joli minois ces prochaines semaines (Juste une fois ou pas, j'ai pas encore bien décidé), je vous montre une jolie flopée de ces joyeux drilles :


vendredi 12 décembre 2014

Une vieille histoire lancée comme un caillou blanc en avant, il y a un moment...

Tous droits réservés, ça va de soi...

GRANDE MÉTAMORPHOSE
ET TOUTES PETITES CHOSES

Longtemps, très longtemps, je me suis cherchée,
Longtemps, très longtemps, je me suis sentie perdue,
Et puis, comme par magie, la laine est entrée dans ma vie…

Je dédie cette histoire à tous ceux pour qui la vie n’est pas un chemin tout tracé, une évidence depuis l’enfance, à tous ceux qui, ne sachant pourquoi ils sont faits, avancent tout de même… Je leur souhaite de rencontrer une fulgurance, une belle évidence…


De toute sa vie, Méli-Mélo n’avait pas fait plus de trois pas…
Il faut dire que la pauvresse traînait un bagage ENORME qui lui causait bien du tracas.


Elle avait bien essayé d’abandonner cette valise plus d’une fois mais à chaque fois, allez savoir pourquoi, les mains libres soudain, elle se sentait perdue. Où aller ? En avant, en arrière ? Et pour faire quoi ? Elle ne savait pas…
Méli-Mélo revenait toujours à sa valise. Un jour, elle se dit qu’il était peut-être temps de la défaire… Elle n’avait jamais osé en regarder le contenu… Elle préférait rêver qu’elle traînait des pavés avec une plage en dessous et la mer en contrebas ou un désert tout entier, avec un écrin de verdure au milieu, niché sous les étoiles, un havre de paix avec de l’eau et des dattes, des palmiers à sucre et des palmiers à sel…
Elle avait, en vérité, peur de trouver à l’intérieur des soucis encore plus grands ou, tout au plus, des vêtements dévorés par les mites. Traîner sa valise, après tout, elle ne savait peut-être pas vraiment le faire, mais elle s’était habituée à rester là à essayer…
Et s’il fallait que ça change ?
Prenant son courage à deux bras pour enfin voir, enfin savoir, elle eut de nouveaux soucis : dans sa valise, point de paradis, pas de trésors extraordinaires ou ordinaires ni de petits ou de grands riens qui font la joie au quotidien. Non, juste un amas de laines emmêlées, un vrai sac de nœuds…
  

Devant ce triste constat, Méli Mélo s’installa au bord de sa valise, chagrine puis, avec une patience infinie, dénoua petit à petit l’embrouillamini.


Devant la flopée de mignonnes pelotes pleines de couleurs et de douceur, elle resta bouche bée…
Emerveillée…
Mais ça n’a pas duré…
De voir ses fils si prompts à se dérouler tout seul, ça lui a fait mal, et puis ça l’a exaspérée !
Fourrageant tout à coup dans ses laines si bien rangées, elle se mit à tout démonter, triturer, effilocher  jusqu’à ce que la laine ait retrouvé son état initial, la couleur en plus…


Là, enfin, elle se sentit apaisée, ne sachant pourtant pas que faire de ces mousses vaporeuses, mais elle pouvait regarder toutes ces fibres en vrac sans souffrir et sans se fâcher, c’était déjà ça, n’est-ce pas ?
Elle eu alors à nouveau envie de partir mais elle ne fit toujours pas trois pas : une douleur énorme l’empêchait de poser son pied gauche à terre. En s’asseyant sur son inséparable valise, elle regarda son pied et il y trouva une épine grande comme ça ! 



L’aiguille délogée,  Méli-Mélo contrariée attendait que ça cicatrise, toujours assise sur sa valise.
Elle avait la bougeotte, alors elle se mit à piquer ses laines pour se soulager et tromper l’ennui, aussi. Et c’est là, alors qu’elle ne s’y attendait pas, mais alors pas du tout, que la magie a opéré…
La matière domptée par l’aiguille a pris forme et cet amas informe s’est métamorphosé en toutes petites merveilles de laine…
Finie l’envie de voir du pays, le voyage se passait entre ses doigts et c’était bien comme ça.











           

La laine reste toujours cette évidence étrange, même si parfois lui donner place et souffle de vie ailleurs que dans mon atelier et ici, me parait, je l'avoue, très compliqué. Quoi ? Faut pas faire aveu de faiblesse comme ça ? Faut être FORT, très, toujours, même si c'est menti ? On me dit jamais rien à moi ! ;) 

mardi 2 décembre 2014

Mais que fait la feutrière ?

En ce moment, je me raconte des histoires... Ce matin, je bossais avec l'aimable collaboration de Gustave Doré :


vendredi 28 novembre 2014

Carte postale

Mama Ochka est sortie de son terrier pour aller regarder (de l'autre côté du miroir) dans l’œil de l'arbre et du tambour...



mardi 25 novembre 2014

Repli, explication partielle et pas très fine partout...


Le Morpion

Imitons la ténacité
De cet insecte qu’on méprise
Dames, messieurs qui vous grattez
Il ne lâchera jamais prise.

Les temps ont toujours été durs pour la bête (ce texte d'Apollinaire a été viré de son bestiaire, jugé trop libre, eh oui !) alors en période d'épilation intégrale, je vous raconte pas ! Java peut le faire pour moi si vous écoutez ça : https://www.youtube.com/watch?v=7QaoH60X_dE

Alors, je vais me replier pour imiter la ténacité de l'animal sus cité. Certes, je me replie dans ma cabane sous terre pas dans un caleçon, mais je me replie pour m'accrocher à mes poils de laine et à mes mots (qui ont une forme de pilosité si on sait la voir)... Je m'offre un temps de couvaison. Au nid de ma cervelle je couve, je couve...
Je couve une maladie que le monde trop laid, trop dur m'a refilée. Le rustre, l’ostrogoth, il éternue partout, peut pas se servir d'un mouchoir ?  

Voici le gardien de mon terrier, il a la clef, celle des champs et des sols où je me suis fracassée trop souvent (cf laideur et dureté du monde), la clef des secrets et des mystères et du distributeur de boule de gomme et du placard à bonbons ou à saucissons (on a pas toujours envie de sucre ! Ben non).


Bonjour chez vous.

vendredi 14 novembre 2014

En bref et sans pouvoir vous montrer...

J'ai la nette impression de me faire bouffer en ce moment, alors pour exorciser la chose, je feutre un bas relief représentant un ogre, bien sûr ça me prend une énergie dingue, n'allait pas croire que lorsque je feutre, je ne fais que planter mon aiguille dans de la laine pour lui donner forme, non, je mène parfois de vrais combats, là sur mon carré de mousse pas plus grand que ça.
Je me fais bouffer, ça m'épuise, j'ai envie de rentrer dans un trou de souris, mais je ne le ferai pas, non, j'ai même décidé d'être indigeste si nécessaire (ah, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a), mais comme dans ma psyché intime brisée, rassemblée, je ne peux pas voir le vrai reflet de la chose qui me mange car dans l’œil du kaléidoscope, si on peut voir plus de choses que ceux qui ont un miroir intact et intègre et si on peut les voir différemment avec des sens profonds affleurant à la surface, certaines choses échappent à l'entendement. 

Ici, il devait y avoir une photo de l'ogre mais ligthroom n'est pas très obéissant aujourd'hui, et puis de toute façon, je vais me coucher parce que j'ai besoin déjà besoin d'une sieste !

jeudi 13 novembre 2014

Comme je n'ai pas toujours de suite dans les idées, des fois, je me demande pourquoi on me prend pour une blairelle...

Alors, je cherche, je vous jure, je cherche :


Je lorgne partout et même n'importe où, des fois que la réponse y serait :


Quitte à me brûler le minois aux vapeurs bouillantes d'un thé à peine infusé :


Des fois, je me pose et je réfléchis : "Mais pourquoi diantre on me prend pour une blairelle ?".


Je réfléchis partout, presque tout le temps :


mais non vraiment,


je comprends VRAIMENT pas pourquoi on me prend pour une blairelle, vous auriez une idée vous ? 

mardi 11 novembre 2014

Attention douceur


Oui, faut prévenir parce que dans ce monde, la douceur ça peut surprendre un peu beaucoup quand même !
Aujourd'hui Amoureuse toute nue sort de son beau cocon, tout doux, couleur chou-vert j'espère. Elle va consoler Petit homme de laine aux cheveux gris... qui a réglé tous ses soucis... Oui, je sais, je vous ai pas raconté, je fais des mystères et des secrets, mais je vous montre un peu quand même ! :) Beau dimanche de presque milieu de semaine !



jeudi 6 novembre 2014

Je vous présente la Sagesse, rien que ça !


Un proverbe Touareg dit : " la sagesse de tout l'univers se trouve dans une tasse de thé", lorsque j'ai vu cette petite tasse un peu chinoise, fêlée et fissurée de surcroît, je me suis dit : " C'est au fond de cette tasse là et pas une autre que doit se nicher la Sagesse !"


Ben pourquoi ce serait pas un blaireau d'abord ? ;)

vendredi 31 octobre 2014

Dans mon sac à malices...

Il y a deux souris vertes et une citrouille :


- PFFF, c'est vraiment n'importe quoi, y'en a qu'une de souris verte !
- Non, non, y'en a deux, si tu écoutes ce que l'une chuchote à l'autre, tu comprendras (cette maladie qu'ont les gens de se fier aux apparences externes, je vous jure !).

- Par ma moustache en poils de balayettes, mon chéri, j'ai failli ne pas te reconnaître, s'écrit la souris toute verte à son mari pas à la fête.
- C'est que je suis tombé sur un sale marmot qui m'a ébouillanté, frit dans un bain trop chaud, fait du bobo devant une bande d’ostrogoths vraiment pas jojo !

lundi 27 octobre 2014

Des incidences de ma vie de femme de plume et de laine sur mon corps et mon esprit

Enfin, je vais pas faire l'inventaire complet, je vous rassure !

En une semaine, j'ai perdu quatre kilos, oui, quatre, rien qu'à feutrer et à brouillonner les mots de mon petit homme de laine aux cheveux gris  Il pèse à peine dix grammes et j'ai noirci tout au plus quatre feuillets sur mon carnet... 
Depuis qu'il est ici, je ne dors plus beaucoup,  je fixe le plafond avec un air imbécile dans le noir et sans le voir, j'oublie de manger, je vois à peine le temps passer, j'oublierai presque qu'il y ait un monde en dehors de celui que je crée s'il n'y avait la vie pour me le rappeler, alors cette semaine je vais lui faire une amoureuse. Oui, cette semaine je vais me coller un vrai faux chagrin d'amour, il faut bien ça, je pense pour que l'autre adhère à l'histoire...

Ah, mais pensez donc, si j'étais normale, je ferais un autre métier ! Suis-je bête (oui en plus d'être zébrée, je cumule, que voulez-vous), gagne-petit, c'est même pas un métier, j'oublie toujours, c'est que je suis distraite, je suis amoureuse je vous dis ;)

Bon la vérité est ailleurs, voilà un moment qu'à lorgner mes étagères de bibliothèque, à observer les gens s'aimer, à analyser les rapports distendus ou rompus et les vrais liens tissés dans ma vie, je m'interroge sur les rapports affectifs, je parle aussi d'amitié.
Mais qu'est-ce donc que l'amour, ce fourre-tout mêlé de possessions, de jalousie, de soumission, de domination, de fusion, d'idée que ça roule tout seul pour mener au septième ciel sans effort aucun et j'en passe ? Oui, parce qu'on peut aimer aussi le boudin ou la confiture de fraises, voire les deux !

Je n'entends rien à la fusion, à cette chose étrange qui voudrait que lorsqu'on s'aime, on ne devienne qu'un seul, Quand les rapports glissent sur ce terrain là, je me demande aussitôt : "Oui, mais lequel ?" J'ai rencontré beaucoup de personnes qui veulent soumettre l'autre au joug de leurs sentiments, d'autres qui voudraient le changer pour qu'il s'approchent au plus près de ce qu'ils sont ou de ce qu'ils désirent et ce, que l'autre le veuille ou non et qui vont jusqu'à s'étonner qu'étant devenu geôlier, l'autre parle de se casser !
Pour moi le rapport affectif est une addition :
1+1=3
Oui, trois ! L'un, l'autre, et cette nouvelle entité, bien vivante, née de la rencontre et qui évoluera, grandira, maturera avec le temps, tout ce qui consiste à faire durer cet être là sans renier jamais les deux autres, voilà ce qu'est l'amour pour moi.
Alors, comme le mot aimer me parait avoir trop de costumes, j'ai envie d'en inventer un autre fait de tendresse et de compréhension, bon tension ou compresse ça le fait pas vraiment, faut peut-être plutôt hybrider estimer et respecter. Je sais pas, faut voir, j'ai pas le temps, j'ai une amoureuse à feutrer, un texte à peaufiner et dont il manque un morceau qui plus est, alors, pensez donc si j'ai le temps de m'interroger sur l'amour ! ;)

mercredi 8 octobre 2014

Faire des secrets

Qu'est-ce qui se niche dans cet écrin ? Qu'est-ce qui dort dans cette boite à trésor ? Une perle, une merveille, un bijou ?
Aujourd'hui, je dirai rien du tout, mais un jour, promis, je vous dirai tout !


dimanche 5 octobre 2014

Dans la série les blaireaux de A à Z, aujourd'hui, le A, ou petit apperçu de la logique blairOchkaïenne

Amédée vit sous les toits du A, mais comme sa maisonnette n'a ni porte ni fenêtre, il est bien obligé de rentrer par la cheminée...


lundi 29 septembre 2014

Il est lundi

Se mettre à l'ouvrage, regarder son planning (avec semaines interchangeables pour garder sa motivation intacte)
Bien sûr, avoir à l'esprit qu'il faudra tanner la peau de mon cauchemar de l'avant dernière nuit, commencer à avoir une idée, la laisser germer, mais  garder pied dans la réalité et donner priorité à mes projets en cours... D'ordinaire, j'aurais d'abord chassé le bout de frayeur niché en moi, mais cette fois, je vais faire autrement, travailler avec un fond d'angoisse pour voir...

Allez je vous montre d'autres points de vue de mama Ochka...

Le sceptre en attente :


Le gros plan du trio :


Le gros plan de Mange-chagrins et d'Alice :




dimanche 28 septembre 2014

Il n'y a pas que les tupperwares et les fabricants de boites hermétiques qui sont utiles à l'homme ! Eh non !


Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, même les nuits !
A cette heure, je ne suis pas encore tout à fait revenue du pays des cauchemars, j'ai été catapultée là-bas, d'un coup d'un seul, d'un coup de semonce, d'un coup de tonnerre, dehors il faisait beau, la nuit été calme, paisible, dedans grondaient des choses informes et rampantes...
Je n'ai pas encore tanné la peau de l'angoisse, pourtant, tout à l'heure, demain, un de ces jours prochains, sur ma table de travail, il y aura une chose pleine de douceurs et d'attraits à mes yeux, à mes doigts...
Je ne n'ai pas trouvé ça toute seule, j'ai pris mes leçons chez Aragon, rien que ça !

Les oiseaux déguisés

Tous ceux qui parlent des merveilles
Leurs fables cachent des sanglots
Et les couleurs de leur oreille
Toujours à des plaintes pareilles
Donnent leurs larmes pour de l’eau

Le peintre assis devant sa toile
A-t-il jamais peint ce qu’il voit
Ce qu’il voit son histoire voile
Et ses ténèbres sont étoiles
Comme chanter change la voix

Ses secrets partout qu’il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé

Ma vie au loin mon étrangère
Ce que je fus je l’ai quitté
Et les teintes d’aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d’une nuit d’été

Automne automne long automne
Comme le cri du vitrier
De rue en rue et je chantonne
Un air dont lentement s’étonne
Celui qui ne sait plus prier

Louis Aragon, Les Adieux et autres poèmes 


lundi 22 septembre 2014

Faire-part

Après une période de gestation d'un éléphant (21 mois et une semaine), Mama Ochka est née avec tous ses attributs, l'avant-veille de l'automne... La transe maïeutique (comment que je cause beau dites donc !) a duré trois jours ! Je ne vous raconte pas comment je suis crevée, je vais vous raconter autre chose plutôt :

Mama Ochka est une sorcière ! N'ayez pas peur, elle est plutôt du genre bienveillant, mais si vous lui cherchez des poux ou des morpions dans la pilosité, vous aurez à faire à elle et à l'un de ses attributs, ça c'est sûr. Mama Ochka, faut pas la chercher sinon on la trouve, CQFD.

Elle porte sur sa caboche de tête de pioche un couvre-chef en coudrier, le fameux casque-noisette, ce bois dont on fait les bâtons de sourcier, car Mama Ochka, un jour, a trouvé la source, tout au fond d'un gouffre et elle lui a fait remonter la falaise pour la faire s'écouler en surface. Au besoin, elle sait faire l'impossible, mais pas trop souvent, c'est un peu fatigant.

En bandoulière Mama Ochka porte un pipeau dont elle joue volontiers mais, à défaut de musique, ce sont des mots qui en sortent, des mots qui mentent mais disent pourtant parfois leur comptant de vérités inventées ou réinventées.

Près du pipeau, une épingle où pendouille des attributs virils, oui, Mama Ochka s'est fabriqué une jolie petite paire de couilles en or, elle a trouvé que sur le revers de son manteau ça serait du plus joli effet et intimerait le respect, "s'être fait des couilles en or", ça a l'air important...

Dans son dos, un carquois rempli d'aiguilles à feutrer qui surveillent ses arrières et l'aident à semer en chemin ses petites laines et des chimères, quelques rires, quelques sourires, un peu de douceur... Dans le carquois, une plume pour voir voler les éphélènes (mot inventé pour désigner un insecte gracile et fragile, dansant loin des phalènes et des lampes assassines. L'éphélène se réchauffe aux feux de glace d'un encrier de verre où tremble, au dessus des naufrages, l'éclat irisé des songes) ou pour inventer des histoires pour des valises, pour des petites filles presqu'imaginaires ou pour tout autre chose, mais surtout pas pour n'importe quoi ! Pour une grenade pas fruit ou un fusil ou un truc de cet acabit, Mama Ochka n'invente rien, jamais.

Mama Ochka avance en s'appuyant sur un sceptre païen (trouvé par terre un jour de balade au bord de l'eau), façon crosse de Saint Nicolas, pour le paradoxe et parce qu'elle aime l'idée qu'il libère les enfants des saloirs et chemine à dos d'âne et qu'il est donc fort probable que ce soit l'âne qui le balade, or il est très sage de se laisser conduire par un âne et de ne pas laisser faire quand on torture les petits enfants).

Sur le sceptre, sa chevelure de vieille femme mêlée de laine vert-j'espère et, accroché au sceptre par un bouton de nacre (car même une coquille vide à le droit à une seconde vie, à une nouvelle utilité-identité), un attrape-rêves qui laisse passer les belles choses de la vie et capture les autres pour qu'elles n'atteignent pas Mama Ochka et son petit monde ouvert et fermé à la fois.

Sur l'attrape-rêve pendouillent une petite plume qui danse au vent (car il est très important d'avoir une plume), une coquille d'escargot (cet être qui en bave en chemin mais trace dans un acte alchimiste des sillons d'argent sur sa route), un duvet doux (pour s'y lover comme dans un cocon les jours de replis nécessaires, de tendresses obligées ou pour les jours de rêveries obligatoires), deux cupules de glands soudés (même un gland peut devenir un chêne, et deux glands forment déjà le début d'une forêt) et une graine d'aulne, mais ça elle ne sait vraiment pas pourquoi : il a fallu la mettre là, ça paraissait évident, peut-être parce que Mama Ochka vit sur une ancienne terre de marais ? Qui sait ? Même Mama Ochka ne sait pas, elle ne cherche pas, si l'on sait tout, on n'a plus rien à inventer...

Et sous son épais manteaux de laine recyclée, qui la protège sans l'empêcher de respirer, elle abrite un petit blaireau, son animal fétiche, son emblème, son totem, elle l'a appelé Croque-chagrins, car quand elle n'a pas le moral, le bougre de petit animal cocasse, feutré et doux comme un agneau, la fait rire, la fait réfléchir et regarder autrement (au pied de la lettre par exemple) et l'aide à avancer quand ses jambes coupées par les aléas de la vie l'empêchent de mettre un pied devant l'autre, et ils avancent de concert quand tout va bien aussi !

De l'autre côté de sa grande pelisse de laine recyclée, Mama Ochka abrite une petite mioche emmitouflée dans l'épais manteaux de ses rêves. Sur sa tête, un béret-cupule-de-gland pour protéger ses songes et leur offrir la force et la chaleur du chêne, ils brûleront lentement en distillant une douce chaleur à tout ce petit monde qui n'en fait qu'un et se serre les coudes. La gamine s'appelle Alice-la-reine-de-ses-rêves...


Voilà pour les attributs de tous les jours.
Mama Ochka a aussi des attributs de jours fériés, des attributs de jours de fête et de défaites, des attributs de jours de pluie, des attributs de jours de pleine lune et des attributs de nuits sans lune, des attributs pas encore trouvés et des attributs à découvrir et d'autres encore... Mais on ne peut pas tout dire ni tout montrer en une fois !

dimanche 21 septembre 2014

Titre : Comprenez-parlez-vous le Mama Ochka ?

Exemple, pour ce qui suit :
Mama Ochka est en transe créative. Depuis hier, elle fait danser les aiguilles, fait causer les moutons qui portaient la laine, puis détisse et détricote ce que l'on a fait de leurs toisons pour créer autre chose, toutes les laines ne sont pas faites pour être tricotées et y'a des moutons qui sont contrariés (faut le savoir, ou pas). Se faire tondre d'accord, mais pour devenir bonnet qui gratte la tête quand on ne pratique pas la masturbation intellectuelle ou chaussettes alors qu'on a pas le goût du maroilles, faudrait voir à pas exagérer !
Il faut entendre : La feutrière détricote un bonnet, recycle une chaussette orpheline pour feutrer autre chose.


Je sais pas vous, mais moi, le parler ordinaire, je trouve ça chiant (mais non pas comme la pluie, la pluie je l'aime aussi bien que le soleil, je la préfère même, elle a un peu plus de choses à raconter que lui), chiant comme des gens qui causent de météo parce qu'ils ne savent pas quoi se dire et ne savent pas se taire ensemble (faut être méga-complices pour ne rien se dire et ne pas se sentir gêné face à l'autre) et je déteste m'ennuyer !

Slogan (que j'ai pas mis en titre mais j'aurais pu) : Vive la métaphore !

samedi 13 septembre 2014

Dans les coulisses de l'atelier...

... un escargot me regarde redonner vie au second épiderme de sac de grains, en son sein pousse une chaîne des cœurs.

Dans le fatras des choses, parfois une unité éphémère s'invente et se réinvente au petit hasard la chance, au petit bonheur des presque rien.

vendredi 5 septembre 2014

Ablaicédaire, vous prendrez bien un peu de T ?

Pour ce faire, le mini-mimi-sTudio-bidouillé-pour-phoTographier-les blaireaux a éTé placé dans la lumière du soleil. Parfois, il esT bon de changer de poinT de prise de vue. CommenT ? Ce seraiT de poinT de vue ? Ah, mais j'ai des Talons hauTs pour ça ! :)
Le peTiT blaireau en compleT de laine se nomme Théophile, alors, oui, c'éTaiT un peu facile (enfin pas de mettre Tous les T ou presque en majuscule), cerTes, cerTes... Théophile prend son T infusé jusTe ce qu'il fauT.
Je voudrais au passage (aux sages aussi) Tirer mon chapeau aux peinTres sur porcelaine ! Car (oui, il y a aussi un bus dans ceTTe hisToire), je me suis improvisée peinTurlureuse sur porcelaine, car donc, le fil conducTeur, enfin je veux dire la couleur conducTrice (du bus de TouT à l'heure, sans aucun doute !) esT le rouge. Comme j'ai chiné une vieille Tasse de porcelaine fine blanche et dorée, et pas une Tasse rouge, je l'ai peinTurlurée du rouge-qui-va-bien. Oui, au vu du résulTaT, on noTe que je l'ai peinTurlurée et non peinTe. D'un auTre côTé, j'avais pas de peinTure pour porcelaine, encore moins de peinTure pour porcelaine du rouge-qui-va-bien (il se porTe comme un charme, enfin comme un Tube), alors, allez-y peignez donc à l'acrylique-ça-glisse-sur-le-porcelainage (sans poil), non mais, diTes donc ! J'ai, ce faisanT, découverT que, lorsqu'on est un bon peTiT blaireau de laine feuTrée, on cachaiT sa dorure. C'esT lorsqu'on graTTouille (derrière les oreilles, sous le menTon et sur le venTre) qu'on découvre un peTiT être adORable ! Ben quoi ? J'invenTe des explicaTions jusTifianTes avanT qu'on me pose la quesTion sans vériTable réponse, j'invenTe mieux assise devanT mon clavier ou mon carneT que debouT devanT un inTerlocuteur inTerrogatif (esT-ce que j'en pose des quesTions ?), je préfère invenTer de façon prévenanTe que de me guérir d'une réponse. C'esT que c'esT un peTiT peu douloureux TouT de même d'êTre soumis à la quesTion, quand on est polie (mais si, je le suis !) et qu'on répond aux quesTions qu'on vous pose. Oui, quelle idée aussi, faudra que je cesse !
-Bon alors Tu nous le monTres, Ton amoureux du T ?
-Eh, oh, on pousse pas la Marie dans les orTies, sinon ça va la démanger ! Alors, le voici, le voilà, il est presque five o'clock :


mercredi 27 août 2014

Dans la série, les Blaireaux de A à Z, cette semaine, le C

Cécile, la cédille, elle s'en balance... De la balançoire ? Elle n'en fait jamais...


...elle préfère l'escarpolette !

lundi 25 août 2014

Dans la série, je me raconte des histoires...

...je sors de ma valise, sirène et coquecigrue.


Voilà, je retourne à mon ablaicédaire, je vous ai ouvert ma valise à histoires (Zoé), pour vous faire patienter... J'étais occupée ailleurs, à d'autres choses, moins drôles, égaillées par une ballade à Mons. Le paparaZozo qui m'accompagne vous a rapporté ce joli cliché de notre escapade...




vendredi 22 août 2014

Les mots...

J'ai un nouveau dictionnaire, tous les sept ans j'en change, je troque un nouveau petit Robert de la langue française pour un autre nouveau petit Robert. Je m'étonne à chaque fois que ce soit écrit "nouveau" sur la couverture... Oui, je suis impressionnable comme fille :)
Si je n'aime pas particulièrement l'orthographe (les fautes me paraissent plus intéressantes, comme une clef qui ouvrirait la porte vers une forme de poésie. Avoir l'aire bête, par exemple, ça vous hérisse le poil, peut-être, moi je me demande si la somme du carré des côtés de l'hypothalamus voire de l'hippopotalamus de la personne en question est égale au carré de sa face cachée ou de sa coiffure si elle revient de chez le coiffeur). J'aime les mots, dès que j'ai su lire, j'ai eu une espèce de frénésie boulimique pour leur... musique ? Je ne sais, j'aimais leur silence. La parole m'était douloureuse, le mot écrit une douceur.
Je me souviens que je lisais tout ce qui me tombait sous les yeux, étiquettes de produits alimentaires ou ménagers, lettres des plaques d'immatriculation (ce que je fais toujours d'ailleurs), je poussais même le vice, car à ce stade c'est un vice, jusqu'à m'enfermer dans les toilettes pour ouvrir l'armoire à pharmacie et lire les notices des médicaments...
D'ailleurs et bizarrement le mot posologie me fait presque l'effet d'un mot tendre. 
Comprendre ce que je lisais ? Je m'en moquais, je voulais déchiffrer les mots, tous les mots, j'avais faim d'eux.
J'avais oublié ce détail de mon enfance, mais depuis quelques temps j'y pense souvent. Pourquoi ? Je n'en sais rien, mais lorsque l'idée revient avec une certaine récurrence, j'y prête attention. Je pense souvent à ce rapport intime et profond que j'entretiens avec les mots et qui remonte à très tôt. Pourtant je les ai écrit tard, mes mot, ceux qui encrés en moi se couchaient sur le papier au besoin, pas à l'envie. J'aurais voulu écrire pour de rire, pour le plaisir, j'ai écrit pour ne pas mourir. Longtemps, le fil de ma vie tenait à cette trace noire ou grise qui sinuait sur le papier. Mes mots ont acquis une gravité, une profondeur que je suis sans doute la seule à percevoir comme telle (on me perçoit volontiers futile, c'est comme ça) peut-être, sans doute parce que je ne peux pas l'expliquer, encore moins me l'expliquer. Ce que je sais vraiment, c'est que j'ai un rapport affectif réel et particulier avec le mot écorce par exemple, que le mot grillage me fait l'effet d'une punition.
Les mots ont leur(s) sens révélé(s), celui ou ceux dégoté(s) dans le dictionnaire et puis les autres, ceux donnés au hasard de sa propre vie (qui peut être sale aussi, ce n'est pas antinomique), en fonction de son histoire, de l'affectif, des rapports entretenus avec tel ou tel mot.
Non, les mots ne disent pas tout, "silence" par exemple, ça ne dit rien du tout, il y a même des mots qui mentent, on (et chacun sait avec quoi ça rime) dit la pie bavarde par exemple, mais j'ai eu beau regarder le dictionnaire, à l’affût devant le nom de l'oiseau, jamais il n'a parlé, muet comme une tombe (qui dit tout de même son épitaphe).
Je me suis sentie un peu insultée par le silence de la pie, alors j'ai arrêter de la regarder et je suis passée à un autre mot : "turlupiner" qui est mon mot préféré (oui, avant posologie !), surtout dans les blancs, cet espace vierge où l'on peut inventer tout et n'importe quoi (bon, d'accord, surtout n'importe quoi), car dans les blancs, lorsque ça vous turlupine, c'est que vous avez un plaisant joueur de pipeau italien qui vous souffle des âneries dans le crâne... Ah ça, "turlupiner" ce n'est pas un mot muet !
Et il vous mène, boussole en tête, à "fariboles" qui est un mot que j'adore s'il ne vient pas ternir l'amitié. Parfois on me parle lecture et on me cause fil du récit. Je lis, je lis beaucoup, pourtant je trouve ça étrange, ce fameux fil du roman, la vie ne se déroule pas ainsi, elle prend petit à petit le sens qu'on lui donne (pour peu qu'on veuille lui donner un sens, bien sûr). En la regardant avec naturel, on voit (oui, je rime aussi avec ça) les événements s’enchaîner, souvent en dépit de toute logique, quelque part entre l'absurde (qui fait assez souvent bien les choses) et le cynisme (qui sert de jauge, pour évaluer les tesselles de bonheur qui jalonnent nos vies).

Si tu as lu (oui, je te tutoies, je crois que tu seras pas nombreux) jusqu'ici, je te fais une bise sur le bout de ton petit nez, oui, même s'il est grand ou gros et s'il est biscornu, je t'en fais deux !).

mercredi 20 août 2014

Des fois, je m'invente des histoires...

Alors dans ma valise de voyageuse immobile, il y a deux oiselles et un oiseau mal emplumés, ils n'ont pas le beau rôle, eh non.


mardi 19 août 2014

Entrouvrir la valise d'une voyageuse immobile

Ce matin, j'ai posé sur mon secrétaire, une de mes vieilles valises... Elle contient, ce que j'avais appelé mon petit théâtre en laine feutré...


Au risque de dénoter au milieu de ces gens qui râlent parce que les vacances sont terminées (la belle affaire, c'est pas comme si des mioches mourraient mutilés par la connerie de leurs aînés quelque part dans le monde, n'est-ce pas ? Oui, ça m'énerve un tantinet ce genre de râlages, mais bon...), je vais être contente de déplier mes bagages et d'y retrouver les souvenirs d'un de mes voyages imaginaires.
En fait, j'ai de la chance, beaucoup, trop sans doute : le miroir de ma psyché intime est brisé, alors au lieu de regarder les choses telles quelles sont, je les vois de façon kaléidoscopique et parcellaire, je trouve toujours un détail dans lequel je m'engouffre pour le dilater. Beaucoup de personnes ne peuvent voir le monde que tel qu'il est : j'en conviens tel qu'il est, il est trop laid.
Qui plus est, c'est indécent, je sais, mon imaginaire est un vrai cocon où je peux me requinquer en solitaire, j'y pratique un peu d'alchimie : des kilos de plomb de la vie et après des heures et des heures de métamorphoses, je finis par donner corps à une paillette d'or ou d'argent qui se met à danser devant mes yeux. Et non, je parle pas de pognon là.

jeudi 14 août 2014

Dans la série : "Les blaireaux de A à Z mais dans le désordre" cette semaine, donnez moi un I

Le I, c'est la lettre du roi des blaireaux, Ignace, le roi des imbécileZheureux* donc, le voici avec sceptre (oui un rasoir, compagnon indispensable du blaireau, non ? Ah bon !) et couronne. Pas une couronne, un bonnet d'âne ? Mais vous plaisantez j'espère, l'âne est le plus fabuleux des animaux : il obéit si il veut, quand il le veut, en voilà une marque d'intelligence ! Non ? Pourtant, il n'est pas du genre à remplir un train pour l'abattoir juste parce que son "supérieur" le lui demande ! La feutrière trouve ça fort intelligent !). Très grand le bonnet d'âne, pour qu'il ne voit ni n'entende rien. Ainsi, il prend ses décisions en son âme et conscience. Il éclaire ensuite de ses idées lumineuses le I, qui est le phare de l'alphabet...


Petit rappel de la philosophie blairOchkaïenne : "Puisque seuls les imbéciles sont heureux, alors soyons imbéciles, mais avec intelligence !"

PS : Inutile de vous dire que je m'éclate avec ce projet, vous l'aurez devinez ;)

lundi 11 août 2014

Dans mes tiroirs à histoires dormait celle de la blairelle au p'tit pois... (Ou lorsque la feutrière se raconte des histoires et joue aux osselets avec Hans C. Andersen).

Bien sûr, je me suis dit, c'est longuet pour un article de blog, mais tant pis, je la partage aujourd'hui. Un gramme de douceur et d’imbécillité heureuse, ça ne peut que faire du bien, après tout !

La blairelle au petit pois



Il était une fois un petit blaireau qui voulait épouser une blairelle, mais une vraie blairelle. Il fit le tour de la Terre pour en trouver une mais il y avait toujours quelque chose qui clochait ; des blairelles, il n'en manquait pas, mais étaient-elles de vraies blairelles ? C'était difficile à apprécier ; toujours une chose ou l'autre ne lui semblait pas cadrer. Il rentra chez lui tout triste, il aurait tant voulu rencontrer une véritable blairelle.
Un matin, par un temps magnifique, ciel radieux et soleil tout pimpant, on creusa un trou au dessus de son terrier et petit blaireau courut pour voir ce qui se passait. C'était une blairelle qui était là, dehors. Mais grands dieux ! de quoi avait-elle l'air, une tiare façon princesse-je-me-la-pète sur la tête, étincelante dans ce soleil rayonnant !  Mieux gaulée que le plus noble des baobabs, un petit pois vert et joufflu à la main et elle prétendait être une véritable blairelle !
- Mais ça ne va pas ? Vous creusez un trou dans le plafond de ma maison !
- C’est pour mon petit pois. Je l’avais dans la tête et un jour j’ai éternué trop fort, il est sorti tout net ! Fatiguée de le garder, je voulais l’enterrer là et m’endormir dessus pour le couver !
Couver un petit pois, voilà une idée saugrenue, si saugrenue qu’elle aurait bien pu sortir de la cervelle d’une vraie blairelle… Et si, malgré son port altier, c’en était une après tout… mais comment vérifier ? C’est là qu’il se souvint qu’une blairelle bien fatiguée dormirait n’importe où même sur un tas de cailloux, apte à transformer la réalité la plus poisseuse en merveille pour l’esprit ou pour les yeux et même parfois pour les deux.
Il eut alors l’idée de lui coudre un matelas sur mesure. Percher sur une bobine pour ce projet haute couture, il joua les vaillants petits tailleurs avec l’aiguille de la souris de Gloucester… Il le remplit de vieux pois desséchés, ridés, fort laids en vérité, inconfortable à souhait…
La blairelle ne se fit pas prier pour s’y coucher, son petit pois bien serré au creux de ses bras.
Au matin, il lui demanda comment elle avait dormi :
- Comme une chenille dans sa chrysalide. Je ne sais en quoi était ce matelas mais j’ai eu l’impression de dormir dans un cocon, doux, chaleureux, c’était merveilleux…
Et pour cause : son petit pois avait germé, enserrant la blairelle tendrement dans une cosse feutrée après avoir mis ses graines de côté…
Alors il reconnut que c'était une vraie blairelle puisqu’elle avait changé le pire des matelas en nid douillet.

Le blaireau lui offrit le gîte et le couvert et les petits pois furent cultivés aux petits oignons dans un joli potager où germèrent des tas de merveilles. Ils eurent un fils qu’ils prénommèrent Jack, le fameux Jack et son petit pois magique, mais ça c’est une autre histoire.