Marie Ochka, artiste, feutrière. Tous droits réservés http://marieochka.fr/ "Quitte, en prenant la fuite, les injustices du sort si tu ne peux les supporter" Cicéron

mardi 28 avril 2015

Avant goût de magie




Ma laine (philosophale) soigne les maux que me fiche la vie et le monde les jours où je le regarde alors que j'ai déchaussé mes lunettes roses (quelle idée, je vous jure ! Depuis le temps, je sais que ça crève les yeux, que c'est un truc que je ne peux pas faire)). Le symbole de la chose énoncée ? Mon sac de thérapeute, dit sac à malices ou encore sac d'alchimiste de pacotille, mais nous simplifierons les appellations (d'origines incontrôlées) en l'appelant Gaston (car il est sourd, en vrai, il déteste le téléphone, mais dire qu'il est sourd est plus simple et plus crédible, un sac avec des oreilles, invisibles de surcroit, sur terre… Bon nombre d'entre vous n'êtes pas encore tout à fait prêts)... C'est le compagnon de Zoé (ma valise que je ne montre pas ici, mais qui a un beau rôle dans la nouvelle que j'ai plié, emballé et pesé (elle roupille dans l'espace correctif transmutatique (un tiroir)). Nouvelle qui sera le point de départ superflu de tous les restes (car j'ai, parait-il, l'art de les accommoder, puisqu'on me reconnait ce talent autant l'utiliser, n'est-il pas ?). Nouvelle qui pourrait se résumer par "je viens de pluton, ceci explique cela". Résumé écrit à l'intention de ceux qui auraient la flemme de s'enquiller ma prose mais voudrait "suivre", comme si on pouvait suivre les pérégrinations de mon esprit !

Un exemplaire de la flore de pluton : deux cop(a)ins poilus (à ne pas confondre avec les coprins chevelus de votre planète, ça les vexe et vexer un cop(a)in poilu peut s'avérer très dangereux, alors deux, imaginez donc ! D'autant qu'ils vont toujours de paire voire de concert, à la petite musique de champignon au clair de pluton, si vous saviez, c'est merveilleux, mais vous ne savez pas. Oui, je sais, je suis une petite veinarde, c'est comme ça.

Et enfin sur le carreau de la feutrière sorcière vaudou, de la petite laine gris mauve avant métamorphose... Bientôt il y aura là un exemplaire de la faune de pluton... avec un peu de chance, je vous montrerai tout ça (et d'avantage) sur mon nouveau blog...  Pour la nouvelle, je ne sais pas encore si elle sera estampillée d'un code je me barre (que l'ouvrage d'un artiste ne soit pas gratuit en fait fuir plus d'un) ou sera libre de consultation mais pas de droit, j'ai aussi besoin de fric, certes, certes, mais en même temps, là-tout-de-suite-maintenant, créer ma maison d'édition, c'est un peu prématuré... Vous condamner à trois, six ou neuf mois de non-partage un brin (mais pas de laine) cruel (la laine n'est jamais cruelle ! Ah, ça non !). Dilemme ou dit laine (oui la laine me dit des choses, sur pluton ça se fait)... Ce sera : soit j'ouvre mon atelier aux portes ouvertes, soit j'ouvre mon grimoire à histoires sur mon site... Décision prise le 15 mai, car, oui, j'ai besoin de donner mais aussi de recevoir, me retrouver à sec à mendier des commentaires comme il y a quelque mois, ça suffire ! Bref, ça se précise toujours dans le brouillard (c'est là que, sur pluton, on y voit mieux ;) ) !

dimanche 26 avril 2015

La Marie se sent de plus en plus apte à soumette à la réponse ceux qui la soumettrait à la question


Sur l'air de Carmen : (petite inquisition espagnole prend garde à toi) "la question est enfant de problème qui n'a jamais, jamais connu de..."

Pourquoi Marie Ochka ? 
Bon, j'avoue, si j'avais été chanteur de groupe de hard rock, je me serais appelée HieronymusVan Aken, mais comme je suis feutrière, j'ai choisi Marie Ochka.


Pourquoi la laine de mouton ? 
Parce que les mammouths ont disparu, évidemment, pour quelle autre raison ? (rires).

Pourquoi êtes vous fan de Thiéfaine ?
Déjà, avant de vous répondre, je vais un peu chipoter sur le vocabulaire, je ne sais pas ce que vous entendez par "fan", mais à mon sens, qui n'est toujours pas le sens commun, je ne suis pas assez intrusive pour être fan de qui que ce soit, mais bon passons.
Oui, j'ai un profond respect et une haute admiration pour l’œuvre de cet homme-là, c'est comme ça. Je lui suis aussi très reconnaissante, car je ne sais quel rôle précis ont joué certaines de ses chansons dans ma vie, je ne sais par quels chemins elles voyagent dans mon crâne jadis contaminé par d'insidieux poisons, ni pourquoi, lorsque je l'écoute, je ne tangue plus sur les sables mouvants sur lesquels je suis visiblement bâtie, mais ce que je sais, c'est que je NE VEUX PAS le savoir. Pour moi, son œuvre vit. Disséquer ses chansons serait comme les réduire à l'état de peaux mortes et je ne me sens pas l'âme de les zigouiller pour trouver une réponse. Non, je n'exagère pas : j'ai fait des études plus ou moins littéraires, et force est de constater que, pour cette raison, sur mes étagères gisent comme des tombes certains des livres que j'ai trop analysés et disséqués. En réalité (et je préfère l'imaginaire), je pourrais vous donner mille raisons que je pressens, que je devine, mais je n'en donnerai qu'une seule : demandez-vous, vous qui voulez tout comprendre, combien, parmi les artistes dont vous fréquentez l'oeuvre, auraient vraiment eu droit de cité sans l'aide des médias ? Cet homme-là n'a pas un public de bovins qui attendaient sagement que les autorités incompétentes disent la messe pour faire carrière. Il a trouvé son public avec courage, à grands coups de talent. A petits coups d'aiguilles, il a brodé comme personne un univers qui lui est propre, car MONSIEUR Thiéfaine ne peut être remplacé par personne d'autre, il est unique à chanter au milieu des troupeaux. 


Vous dites souvent que vous venez de pluton, pourquoi ? 
Mais parce que je viens VRAIMENT de pluton (rires) !


Voilà un moment que vous travaillez à une œuvre qui ne semble pas vouloir pointer le bout de son nez, il n'y aurait pas un peu de procrastination la-dessous ?
(rires). Oui, ça me fait toujours rire lorsqu'on me traite de faignasse. 
Je sais, c'est bizarre pour bon nombre de terriens qui remplissent leur temps libre comme si c'était une oie au bord de l'apoplexie (Ont-ils peur de rester seuls avec leur cervelle ? Oui, des fois je m'interroge aussi, mais de moins en moins, à chacun ses raisons après tout, j'aime à prendre mon temps pour caresser mes douces chimères), je sais donc que c'est bizarre de prendre son temps, tout son temps, mais je jardine mon œuvre. Quand elle sera mûre, je la cueillerai et je ne peux pas aller plus vite que le rythme des saisons (plutoniennes, ça va de soi (rires)).

N'est-ce pas une forme de lâcheté que de cultiver l'imaginaire plutôt que de faire quelque chose de plus concret et palpable dans la réalité ?
Tant qu'il y aura des gens pour croire que l'imaginaire est inutile, je continuerai à le jardiner. Rien n'a été plus utile dans ma vie que l'imaginaire. Si je suis debout aujourd'hui, relativement gaie et enthousiaste, malgré les questions cons qu'on peut me poser parfois et les aléas de la vie, c'est grâce à l'imaginaire, mais pour lui, c'est comme pour les chansons de Thiéfaine : le disséquer avec le scalpel de mon esprit reviendrait à le laisser à l'état de peau morte, or c'est mon souffle de vie. Ma vie m'est devenue précieuse, je ne vais donc pas porter atteinte à mon entité vitale, j'ai autre chose à faire de plus futile et donc de plus important.

vendredi 24 avril 2015

Oracle ! Oh espoir !

Mama Ochka entrera dans sa grande (à son échelle, hein ?) transe du printemps tout à l'heure... Oui, je prédis l'avenir mais moins bien que le grand désaccordeur de piano, oracle plutonien intermittent du spectacle interstellaire qui préside aux représentations illuminées, voire lumineuses, de vos nuits étoilées (il chante faux mais prédit juste, c'était important de le souligner). J'ai consulté le bonhomme hier, ce sont les préliminaires nécessaires avant l'entrée dans la grande transe, ce sera la première transe de printemps de ma vie de j'essaye-de m'assimiler-terrienne. D'ordinaire, je fais ça à l'automne, mais cette année, j'ai décidé qu'il en serait autrement !


Ce que m'a dit l'oracle ? Mais je vous trouve bien indiscret ce matin ! Bon, je vous préviens (si vous sentez comme un léger dédoublement de personnalité, c'est normal car, comme le dit l'adage, un homme (et les femmes sont des hommes comme les autres, mais si , mais si !) prévenu en vaut deux), comme tous les plutoniens, il a un petit côté sphinx, alors n'allez pas mal interpréter les choses sinon il vous privera d'étoiles (dans les mirettes). Oh, ce n'est pas qu'il soit susceptible, il n'aime pas qu'on l'interprète à mauvais escient, les gens qui croient avoir la science infuse l'horripilent et le poil, sur pluton, c'est sacré !
Alors, alors, il m'a dit ceci :
- Lorsque vous aurez atteint la quarantaine, vous quitterez la quarantaine.
- Ah, ben quand même, ai-je répondu.
Il a souri, à moins qu'il n'ait sorti une souris bleue de sa poche orange-dedans-mais-pas-dehors, je n'ai pas bien vu, par contre, je l'ai cru sur parole, vu que ça me paraissait de cette parfaite logique absurde dont est forgée ma vie de plutonienne en exil sur cette terre. 

Bon, je file réviser un peu, j'ai un genre de rendez-vous avec le grand prêtre exorciste tout à l'heure et je sens que le temps va filer à toute allure, ce seront les prémisses de mon entrée en transe, car c'est par là que ça commencera ! Foie de lotte au petit pois (oui, un seul, sinon, c'est pas digeste le foie) ! Sur pluton, on dit plutôt : "foie de morue aux épinards" mais il semblerait que, pour les terriens, les épinards soient connotés de façon péjorative... Vous êtes quand même un tout petit peu bizarre, hein ? messieurs, dames les humains. Comment ça, c'est moi ? Pourtant, sur pluton, je suis fondue dans la masse (enfin dans le merlin car c'est toujours plus pratique pour fendre le bois voire la poire).

mercredi 22 avril 2015

Petit intermède musical silencieux !

Alors, ça aurait pu s'appeler : "en avant la musique", certes, certes, mais j'ai préféré combler un vide (affectif). Mon dictionnaire des expressions (qui est du genre sensible) était en manque d'un "grandir à coups de grosse caisse", voilà qui est réparé ;)


Mon dictionnaire des locutions est donc tout consolé et revigoré. Je file (de ce pas sautillant et guilleret) ajouter aux côtés de "avoir des jambes en coton", le fameux : "avoir des jambes en laine", ce qui est tout pareil mais en mieux, vu que c'est en laine, pardi !
J'ai cru que mon gringalet (adorable, n'est-il pas ? Pour un peu je pourrais en tomber zamoureuse, mais je suis pas d'humeur casse-gueule ce matin ) ne tiendrait jamais ferme sur ses guibolles mais comme j'ai de la suite dans les idées (comment ça, on dirait pas ?) et que je peux être plus tenace qu'un morpion, il a fini par tenir debout, mon sympathique et famélique va-nus-pieds !

vendredi 17 avril 2015

Je suis en retard, en retard, en retard...

Je suis en retard, en retard, en retard... mais parce que j'ai pris du temps pour poser, dans mon jardin, quelques jalons d'un projet pour l'été 2016, il y a des choses qui se cultivent en temps et en heure, sinon, il faut repousser de deux saisons, voire de quatre... 
Bref, je suis en retard, en retard, en retard et je ne peux encore rien dire et rien révéler, mais j'avance...
Je ne peux rien dire mais comme je vous ai déjà montré Joe la Mèche...


...je vous le remontre, mais si vous voulez savoir à qui, à quoi, à qu'est-ce (ah, ben, je cultive le mystère, oui, aussi en pleine terre) il tend son vers et ce qui, ce quoi, ce qu'est-ce que regarde cette limace poilue (on aura tout vu !) qui ne bave jamais sur rien ni sur personne, eh bien il faudra attendre, car pour l'instant, j'ai emprunté un livre qui cause de wordpress, c'est vous dire si je suis en chemin de faire mon nouveau site et si j'ai déjà décidé si oui ou non y'aura un blog !
Qui plus est encore en plus, comme je vais vers le foutraque de façon naturelle, il semble que j'aurais deux "histoires" (oui, la forme finale est encore imprécise) pour le prix d'une, ce qui va rallonger un peu la machinerie parce que choisir ouh, la, la ! Faut trier, détricoter, retricoter... Ah, la lenteur, ça pourrait être un luxe, mais en fait, c'est juste une anormalité... Je suis anormale (chouette !) sur bien des points, c'est comme ça ! Et ça, ça ne changera pas, ou alors pour encore plus pire, enfin mieux à mes yeux, mais si je regardais le monde comme tout le monde, je ne serais pas restée en extase devant les cloportes de mon tas de bois laissé dans un coin pour (oui, oui, pour) la décomposition, je suis pour la libération de l'humus dans les jardins ! Mais chut, je milite en secret, juste avec mon armée de cloportes, limaces et autres... La limace attire la grive, il faut le savoir et le chant de la grive musicale, ça vaut bien le sacrifice d'un dahlia ou de quelques salades. Non ? Eh si !
Mais revenons à nos moutons cochons :
Dans mon patois, les cloportes sont des "pourcheaux d'murs", entendez des "cochons de murs". Alors moi, un cochon qui fait le mur (déjà, ça m'ouvre un pan de rêveries) et lorsque je sais que, petit comme ça, il scie menu une bûche grande comme ça, je suis béate d'admiration, ça c'est ce qui s'appelle abattre du boulot, voire du bouleau ! Oui, je sais, un jour, un alpiniste est allé traîner ses guêtres sur un sommet qui n'avait jamais connu le pied de l'homme (qui a dû, en arrivant, pisser pour marquer son territoire, j'imagine) et c'est ça qu'il serait bon de regarder la bouche en "O" avec les yeux qui brillent mais bon, je préfère l'exploit du cloporte et le chant de la grive.

samedi 4 avril 2015

Euh, non, non


je ne reprends pas le blog, j'ai juste écrit un article hier, comme ça, pourquoi pas ?
Je n'ai pas encore décidé si je reprendrais le blog un jour (ni lequel) et, si oui, à quel rythme. Je ne raconte pas tout, mais j'ai payé un lourd tribu au net dès l'origine et ceux qui me suivent depuis ce temps-là, savent que ça ne date pas d'hier, ni de la laine.
En m'en détachant, j'ai éliminé tout un tas de soucis d'eux-même, après avoir tenté de les régler en vrai de vrai pour pouvoir continuer à "construire" ici et là sur les sillons de la virtualité, sans y parvenir. D'ailleurs ai-je construit ? Oui, quelques relations durables et stables, lointaines mais bien solides.

J'avais besoin de temps pour gérer et appréhender des soucis familiaux, non, je dis pas tout non plus. Y'a assez de gens qui causent des maladies et morts de leurs proches, on vient pas chercher ça chez moi. Quant à la consolation, j'ai imprimé grâce à d'anciens "amis" que fallait pas que j'en demande, je ne leur jette pas la pierre, c'est grâce à eux que j'en ai cherché en moi et que j'ai transmuté une grosse partie de mon cynisme et de mon ironie en ces choses dont j'avais tant besoin. Oui, l'humour corrosif fut ma carapace, mon arme de défense et mon bouclier, mais il me fallait prendre le chemin de lâcher tout ça pour faire de la place pour autre chose car, quand y'a pas la place, on ne peut pas en mettre, eh non ! ;) Alors, oui, j'en ai gardé un peu, c'est planqué derrière une vitre genre "A n'utiliser qu'en cas d’extrême urgence". Parce que, hélas, y'a des gens qui ne comprennent rien d'autre et qui aiment bien pouvoir dire : "Ouh qu'elle est vilaine !", oubliant que j'ai été patiente, conciliante et tout et tout avant de virer le gant de velours et de sortir les griffes-j'avais-prévenu.... Avec l'inconvénient majeur, lorsque vous prévenez l'enquiquineur ou l'enquiquineuse, de vous retrouver avec un homme (oui les femmes sont des hommes comme les autres, surtout vu de Pluton) prévenu en vaut deux. En fait, vaut mieux attaquer par surprise mais bon, ce n'est pas très courtois, et ma grand-mère m'a toujours dit "Sois polie si t'es pas jolie". Hors, gamine, j'étais laide à me faire tirer les cheveux et à me voir affubler de tout un tas de nom d'oiseaux, pis j'aime bien obéir à ma grand-mère (je suis docile si je veux, d'abord, non mais, oh !), qui m'a filé quelques très bons conseils en plus d'une ou deux nuances de poésie sans le savoir. M'enfin bon, la poésie de nos jours, c'est plus vraiment ce que c'était, mes braves gens ;)
Bon sur ce, je retourne couver mes œufs :


Oui, fait rare, j'ai mis tous mes œufs dans le même tiroir !

vendredi 3 avril 2015

Comme une verrue sur le paysage

J'ai passé en mars quelques jours en tout-à-fait solitaire, j'étais seule avec mon petit bout d'univers et quelques-uns de mes cauchemars aussi.
J'ai retrouvé ce silence qui m'est si cher.
Je suis allée là-bas, j'ai fait ce voyage immobile pour ce pays invisible où je suis allée déjà tant de fois déjà, mais ça n'avait jamais été comme ça. Je suis allée là-bas flâner à tâtons et à l'aveugle, là-bas, dans cette part de mystère qui m'habite et que jamais je ne décrypte, laissant mes mains aller, les laissant me guider et exorciser ce qui me peine et me pèse et que je ne sais pas toujours... oui, même lorsque la douleur est apaisée, voire, oui parfois ça arrive, exorcisée.


Depuis des semaines maintenant, je laisse ce fond de douceur et de gaieté, cet enthousiasme et cette tendresse couler entre mes doigts doucement dans un filet aux couleurs ardentes ou aux teintes pastelles, fleuries mais un peu fanées. Je me ressource à ce flot imaginaire d'avant ou d'après mémoire, au fond, je ne sais à quel puits je m'abreuve... Il fut un temps où ça m'effrayait, mais j'étais comme obligée d'y boire malgré moi, comme il est étrange de ne pas se sentir maîtresse de soi, pauvre mule obligée pourtant d'aller remplir ses cruches à l'abreuvoir.
Je chante lorsque je suis triste et je pleure lorsqu’un souffle de bien être m'envahit, tout est sincère, si sincère pourtant, mais je n'ouvrage pas pour les mots, dans ce sens que je sens bien que je n'ouvrage pas pour être comprise et décryptée. Longtemps, j'ai tissé avec d'autres œuvres d'autres artistes des liens secrets et mystérieux, et puis un jour, un de ces artistes dont le travail m'était si cher, a livré quelques clefs d'interprétation, j'ai vu mes constructions s'effondrer une à une et je me suis promenée au milieu de ses mots et de ses images comme on se promène dans un champ de ruines, un très vaste champ de ruines...
J'ai pleuré beaucoup, mais je ne voulais pas faire mon deuil de son œuvre, alors je me suis remise en cause, j'ai changé de point de vue maintes et maintes fois (toutes les hauteurs de talons de mes chaussures y sont passées), je me suis repromenée encore, et encore, jusqu'à ce qu'enfin j'apprécie à nouveau ses paysages... Pour ce faire, j'ai débarrassé son travail des constructions que j'y avais adjointes, en me demandant cependant : "Avais-je le droit de cultiver ces choses sur ses paysages ?", Là, enfin, je fus à nouveau heureuse de fréquenter son verbe soigné des verrues que j'y avais incrustées...
Les gens, souvent, et je ne déroge pas à la règle, projettent sur les œuvres ce qu'ils veulent ou ce qu'ils peuvent, j'ai passé énormément de temps par le passé à essayer de comprendre pourquoi je créais telle ou telle chose pour pouvoir en discuter avec le public pour qu'il sache à qui, à quoi, à qu'est-ce, il avait à faire, la vérité pourtant c'est que ce n'est pas si important, ce qui importe vraiment c'est que peut-être il y trouvera quelque chose, de façon transitoire ou durable... Pour ma part, je n'ai pas envie de livrer les clefs d'interprétations à qui que ce soit, non pour faire de la rétention, mais pour laisser fleurir moult et moult possibles le cas échéant... De toute façon, la vérité, c'est que même si je le voulais, je ne pourrais pas vraiment : je porte une part de mystère en moi, longtemps ça m'a pesé, aujourd'hui, c'en est fini, ce mystère-là m'aide et me pousse à créer et le monde imaginaire qui m'habite est ma raison d'être et de faire, que je le veuille ou non. Et durant bien longtemps, je ne l'ai pas voulu, je ne m'en sentais pas capable et j'étais comme ces ânes qu'on peut bien rouer de coups en vain, car s'ils estiment qu'ils ne franchiront pas le cap ou qu'ils ne supporteront pas la charge, ils s'abstiendront de faire le moindre pas, les ânes sont ainsi, ils font selon leurs capacités, ils ne sont pas bêtes, ils sont réfléchis, eh oui !

27 mois de petites laines, cette évidence dont je suis profondément tombée amoureuse, cette matière qui me remplit et qui m'éclaire bien qu'elle ne me donne pas accès à la compréhension... Mon doux, mon si doux paradoxe, auquel je laisse tout le temps qui lui sera nécessaire... Saviez-vous que les ânes sont patients ? D'une patience d'ange ?