Enfin, je vais pas faire l'inventaire complet, je vous rassure !
En une semaine, j'ai perdu quatre kilos, oui, quatre, rien qu'à feutrer et à brouillonner les mots de mon petit homme de laine aux cheveux gris Il pèse à peine dix grammes et j'ai noirci tout au plus quatre feuillets sur mon carnet...
Depuis qu'il est ici, je ne dors plus beaucoup, je fixe le plafond avec un air imbécile dans le noir et sans le voir, j'oublie de manger, je vois à peine le temps passer, j'oublierai presque qu'il y ait un monde en dehors de celui que je crée s'il n'y avait la vie pour me le rappeler, alors cette semaine je vais lui faire une amoureuse. Oui, cette semaine je vais me coller un vrai faux chagrin d'amour, il faut bien ça, je pense pour que l'autre adhère à l'histoire...
Ah, mais pensez donc, si j'étais normale, je ferais un autre métier ! Suis-je bête (oui en plus d'être zébrée, je cumule, que voulez-vous), gagne-petit, c'est même pas un métier, j'oublie toujours, c'est que je suis distraite, je suis amoureuse je vous dis ;)
Bon la vérité est ailleurs, voilà un moment qu'à lorgner mes étagères de bibliothèque, à observer les gens s'aimer, à analyser les rapports distendus ou rompus et les vrais liens tissés dans ma vie, je m'interroge sur les rapports affectifs, je parle aussi d'amitié.
Mais qu'est-ce donc que l'amour, ce fourre-tout mêlé de possessions, de jalousie, de soumission, de domination, de fusion, d'idée que ça roule tout seul pour mener au septième ciel sans effort aucun et j'en passe ? Oui, parce qu'on peut aimer aussi le boudin ou la confiture de fraises, voire les deux !
Je n'entends rien à la fusion, à cette chose étrange qui voudrait que lorsqu'on s'aime, on ne devienne qu'un seul, Quand les rapports glissent sur ce terrain là, je me demande aussitôt : "Oui, mais lequel ?" J'ai rencontré beaucoup de personnes qui veulent soumettre l'autre au joug de leurs sentiments, d'autres qui voudraient le changer pour qu'il s'approchent au plus près de ce qu'ils sont ou de ce qu'ils désirent et ce, que l'autre le veuille ou non et qui vont jusqu'à s'étonner qu'étant devenu geôlier, l'autre parle de se casser !
Pour moi le rapport affectif est une addition :
1+1=3
Oui, trois ! L'un, l'autre, et cette nouvelle entité, bien vivante, née de la rencontre et qui évoluera, grandira, maturera avec le temps, tout ce qui consiste à faire durer cet être là sans renier jamais les deux autres, voilà ce qu'est l'amour pour moi.
Alors, comme le mot aimer me parait avoir trop de costumes, j'ai envie d'en inventer un autre fait de tendresse et de compréhension, bon tension ou compresse ça le fait pas vraiment, faut peut-être plutôt hybrider estimer et respecter. Je sais pas, faut voir, j'ai pas le temps, j'ai une amoureuse à feutrer, un texte à peaufiner et dont il manque un morceau qui plus est, alors, pensez donc si j'ai le temps de m'interroger sur l'amour ! ;)