Après une période de gestation d'un éléphant (21 mois et une semaine), Mama Ochka est née avec tous ses attributs, l'avant-veille de l'automne... La transe maïeutique (comment que je cause beau dites donc !) a duré trois jours ! Je ne vous raconte pas comment je suis crevée, je vais vous raconter autre chose plutôt :
Mama Ochka est une sorcière ! N'ayez pas peur, elle est plutôt du genre bienveillant, mais si vous lui cherchez des poux ou des morpions dans la pilosité, vous aurez à faire à elle et à l'un de ses attributs, ça c'est sûr. Mama Ochka, faut pas la chercher sinon on la trouve, CQFD.
Elle porte sur sa caboche de tête de pioche un couvre-chef en coudrier, le fameux casque-noisette, ce bois dont on fait les bâtons de sourcier, car Mama Ochka, un jour, a trouvé la source, tout au fond d'un gouffre et elle lui a fait remonter la falaise pour la faire s'écouler en surface. Au besoin, elle sait faire l'impossible, mais pas trop souvent, c'est un peu fatigant.
En bandoulière Mama Ochka porte un pipeau dont elle joue volontiers mais, à défaut de musique, ce sont des mots qui en sortent, des mots qui mentent mais disent pourtant parfois leur comptant de vérités inventées ou réinventées.
Près du pipeau, une épingle où pendouille des attributs virils, oui, Mama Ochka s'est fabriqué une jolie petite paire de couilles en or, elle a trouvé que sur le revers de son manteau ça serait du plus joli effet et intimerait le respect, "s'être fait des couilles en or", ça a l'air important...
Dans son dos, un carquois rempli d'aiguilles à feutrer qui surveillent ses arrières et l'aident à semer en chemin ses petites laines et des chimères, quelques rires, quelques sourires, un peu de douceur... Dans le carquois, une plume pour voir voler les éphélènes (mot inventé pour désigner un insecte gracile et fragile, dansant loin des phalènes et des lampes assassines. L'éphélène se réchauffe aux feux de glace d'un encrier de verre où tremble, au dessus des naufrages, l'éclat irisé des songes) ou pour inventer des histoires pour des valises, pour des petites filles presqu'imaginaires ou pour tout autre chose, mais surtout pas pour n'importe quoi ! Pour une grenade pas fruit ou un fusil ou un truc de cet acabit, Mama Ochka n'invente rien, jamais.
Mama Ochka avance en s'appuyant sur un sceptre païen (trouvé par terre un jour de balade au bord de l'eau), façon crosse de Saint Nicolas, pour le paradoxe et parce qu'elle aime l'idée qu'il libère les enfants des saloirs et chemine à dos d'âne et qu'il est donc fort probable que ce soit l'âne qui le balade, or il est très sage de se laisser conduire par un âne et de ne pas laisser faire quand on torture les petits enfants).
Sur le sceptre, sa chevelure de vieille femme mêlée de laine vert-j'espère et, accroché au sceptre par un bouton de nacre (car même une coquille vide à le droit à une seconde vie, à une nouvelle utilité-identité), un attrape-rêves qui laisse passer les belles choses de la vie et capture les autres pour qu'elles n'atteignent pas Mama Ochka et son petit monde ouvert et fermé à la fois.
Sur l'attrape-rêve pendouillent une petite plume qui danse au vent (car il est très important d'avoir une plume), une coquille d'escargot (cet être qui en bave en chemin mais trace dans un acte alchimiste des sillons d'argent sur sa route), un duvet doux (pour s'y lover comme dans un cocon les jours de replis nécessaires, de tendresses obligées ou pour les jours de rêveries obligatoires), deux cupules de glands soudés (même un gland peut devenir un chêne, et deux glands forment déjà le début d'une forêt) et une graine d'aulne, mais ça elle ne sait vraiment pas pourquoi : il a fallu la mettre là, ça paraissait évident, peut-être parce que Mama Ochka vit sur une ancienne terre de marais ? Qui sait ? Même Mama Ochka ne sait pas, elle ne cherche pas, si l'on sait tout, on n'a plus rien à inventer...
Et sous son épais manteaux de laine recyclée, qui la protège sans l'empêcher de respirer, elle abrite un petit blaireau, son animal fétiche, son emblème, son totem, elle l'a appelé Croque-chagrins, car quand elle n'a pas le moral, le bougre de petit animal cocasse, feutré et doux comme un agneau, la fait rire, la fait réfléchir et regarder autrement (au pied de la lettre par exemple) et l'aide à avancer quand ses jambes coupées par les aléas de la vie l'empêchent de mettre un pied devant l'autre, et ils avancent de concert quand tout va bien aussi !
De l'autre côté de sa grande pelisse de laine recyclée, Mama Ochka abrite une petite mioche emmitouflée dans l'épais manteaux de ses rêves. Sur sa tête, un béret-cupule-de-gland pour protéger ses songes et leur offrir la force et la chaleur du chêne, ils brûleront lentement en distillant une douce chaleur à tout ce petit monde qui n'en fait qu'un et se serre les coudes. La gamine s'appelle Alice-la-reine-de-ses-rêves...
Voilà pour les attributs de tous les jours.
Mama Ochka a aussi des attributs de jours fériés, des attributs de jours de fête et de défaites, des attributs de jours de pluie, des attributs de jours de pleine lune et des attributs de nuits sans lune, des attributs pas encore trouvés et des attributs à découvrir et d'autres encore... Mais on ne peut pas tout dire ni tout montrer en une fois !
De l'autre côté de sa grande pelisse de laine recyclée, Mama Ochka abrite une petite mioche emmitouflée dans l'épais manteaux de ses rêves. Sur sa tête, un béret-cupule-de-gland pour protéger ses songes et leur offrir la force et la chaleur du chêne, ils brûleront lentement en distillant une douce chaleur à tout ce petit monde qui n'en fait qu'un et se serre les coudes. La gamine s'appelle Alice-la-reine-de-ses-rêves...
Voilà pour les attributs de tous les jours.
Mama Ochka a aussi des attributs de jours fériés, des attributs de jours de fête et de défaites, des attributs de jours de pluie, des attributs de jours de pleine lune et des attributs de nuits sans lune, des attributs pas encore trouvés et des attributs à découvrir et d'autres encore... Mais on ne peut pas tout dire ni tout montrer en une fois !
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Heureusement pas tout d'une fois !! Une belle surprise qui valait le coup d'attendre !
RépondreSupprimerMerci !
Merci Cécile, oui, il me semble que ça valait bien une gestation en chrysalide éléphantine, élainephantile ? ;) Je réaliserai mieux demain, je n'ai pas encore atterri de ma transe-danse créative et de la secousse, c'est fort en émotion mine de rien, tout ça, tout ça ! Une bise de la part de mange-chagrin ;)
SupprimerOHHHHHHHHH !!!!!! Une bienveillante sorcière porteuse de tant de symboles !!!! Excellentissime !!!! Tout un petit monde en marche !!! Un petit monde qui n'en fait qu'un !!! Une petite merveille !!!! J'adore !!! Bravo, BRAVO bien chère Marie Ochka !!! Des bises en vives farandoles !!! ♥ ♥ ♥
RépondreSupprimerAh, ravie que tout ce petit monde te plaise autant. Merci, merci ! Des bises feutrées
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