Bien sûr, je me suis dit, c'est longuet pour un article de blog, mais tant pis, je la partage aujourd'hui. Un gramme de douceur et d’imbécillité heureuse, ça ne peut que faire du bien, après tout !
La blairelle au petit pois
Il était une fois un petit blaireau
qui voulait épouser une blairelle, mais une vraie blairelle. Il fit le tour de
la Terre pour en trouver une mais il y avait toujours quelque chose qui
clochait ; des blairelles, il n'en manquait pas, mais étaient-elles de
vraies blairelles ? C'était difficile à apprécier ; toujours une
chose ou l'autre ne lui semblait pas cadrer. Il rentra chez lui tout triste, il
aurait tant voulu rencontrer une véritable blairelle.
Un matin, par un temps magnifique, ciel
radieux et soleil tout pimpant, on creusa un trou au dessus de son terrier et
petit blaireau courut pour voir ce qui se passait. C'était une blairelle qui
était là, dehors. Mais grands dieux ! de quoi avait-elle l'air, une tiare
façon princesse-je-me-la-pète sur la tête, étincelante dans ce soleil
rayonnant ! Mieux gaulée que le
plus noble des baobabs, un petit pois vert et joufflu à la main et elle
prétendait être une véritable blairelle !
- Mais ça ne va pas ? Vous
creusez un trou dans le plafond de ma maison !
- C’est pour mon petit pois. Je
l’avais dans la tête et un jour j’ai éternué trop fort, il est sorti tout
net ! Fatiguée de le garder, je voulais l’enterrer là et m’endormir dessus
pour le couver !
Couver un petit pois, voilà une idée
saugrenue, si saugrenue qu’elle aurait bien pu sortir de la cervelle d’une
vraie blairelle… Et si, malgré son port altier, c’en était une après tout… mais
comment vérifier ? C’est là qu’il se souvint qu’une blairelle bien
fatiguée dormirait n’importe où même sur un tas de cailloux, apte à transformer
la réalité la plus poisseuse en merveille pour l’esprit ou pour les yeux et
même parfois pour les deux.
Il eut alors l’idée de lui
coudre un matelas sur mesure. Percher sur une bobine pour ce projet haute
couture, il joua les vaillants petits tailleurs avec l’aiguille de la souris de
Gloucester… Il le remplit de vieux pois desséchés, ridés, fort laids en vérité,
inconfortable à souhait…
La blairelle ne se fit pas prier pour
s’y coucher, son petit pois bien serré au creux de ses bras.
Au matin, il lui demanda comment elle
avait dormi :
- Comme une chenille dans sa
chrysalide. Je ne sais en quoi était ce matelas mais j’ai eu l’impression de
dormir dans un cocon, doux, chaleureux, c’était merveilleux…
Et pour cause : son petit pois avait
germé, enserrant la blairelle tendrement dans une cosse feutrée après avoir mis
ses graines de côté…
Alors il reconnut que c'était une
vraie blairelle puisqu’elle avait changé le pire des matelas en nid douillet.
Le blaireau lui offrit le gîte et le
couvert et les petits pois furent cultivés aux petits oignons dans un joli
potager où germèrent des tas de merveilles. Ils eurent un fils qu’ils
prénommèrent Jack, le fameux Jack et son petit pois magique, mais ça c’est une
autre histoire.
Merci.
RépondreSupprimerOh, comme c'est gentil ça ! Je suis toute émue (avec larme à l'oeil et tout et tout), faut croire qu'on me dit presque pas ;) et que ça me rendrait presque égoïste des fois à cacher des histoires comme ça dans mes tiroirs ;)
SupprimerPour vivre heureux, il faut deux sacs un pour donner un pour recevoir... Goethe, je crois mais je suis plus sûre, en tous cas, oui, cette phrase me parle ;)
Elle est adorable cette histoire !!! J'aime beaucoup !!!! Ahhhhh oui !!! Ça fait du bien !!!! Bises aux petit pois bien chère MarieOchka !
RépondreSupprimerMerci ma toute chère MAP ! Oui, je t'ai reconnue ;) Sur la pochette était écrit : contes défaits, j'avais d'autres idées brouillonnes mais seule celle là était achevée, alors ma foi, je lui ai fait prendre l'air ;)
SupprimerLa relire en fin de petit déjeuner ....je dis que la journée sera belle.
RépondreSupprimerRe merci.
Tu m'en vois ravie ma chère Cécile ;) passe une toute belle journée
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