Avec les blairOchkas, nous avons tenu une conférence au ras des pâquerettes à l'atelier perché (exercice de gymnastique basé sur l'idée qu'en rapprochant les hauts et les bas, on est moins blessés par les dents de scie de la vie, parfois ça permet même d'être scié de rire, mais faut chausser des lunettes espéciales qui permettent de mettre les choses à une distance risible), puis nous sommes descendus dans la cuisine pour mettre en exergue notre idée, nous aurions voulu faire de la métaphysique ou de la pataphysique, voire de la métapataphysique, mais nous nous sommes vite ravisés, en tant que bête en poils de bête à manger du foin (oui, ils m'ont largement reconnue comme l'une des leurs) nous ne pourrions jamais faire croire que nous saurions faire autre chose que du pataquès. Les blaireaux, c'est bête comme des pieds ! (Bien sûr, si on regarde un peu comme Prévert*, ça change tout, mais bon...).
Les blairOchkas avaient tout d'abord envisagé de causer du raisonnement, s'appuyant sur l'idée qu'une idée ou un concept correspondait métaphoriquement à un arbre plusieurs fois centenaire (voire même plus vieux... Mais un blaireau ! Comment que ça pourrait envisager pareille chose ?). Un très vieil arbre, donc, avec toutes ses racines, ses branches, le nid dans les branches, les insectes qui rampent et volent autour de lui et le lichen aussi, peut-être qu'il y aurait eu une chouette dans un creux du tronc. Les blaireaux rassemblés pensaient même aux racines et branchages emmêlés d'arbres d'une même forêt qui le touchaient (les autres idées)).
Mais qui ? Oui, qui aurait pu admettre qu'un blaireau, même à plusieurs, puisse envisager un truc pareil, sérieux ? Presque personne. Voilà pourquoi, ils ont décidé, plutôt que de dessiner une forêt ou seulement l'arbre qui cache la forêt, de faire de la pâte à sablés !
L'un d'eux a crié gaiement : "Sablons le raisonnement !"
Je fus donc chargée d'étaler la pâte avec un gros rouleau-compresseur à pâtisserie, aidée d'Aimé, de l'emporte-piécer et de ne surtout pas faire dans le détail...
(Alors pour un meilleur son et une meilleure image, vous pouvez allez sur
ma page FaceBook où là, y'a un bouton HD en bas à droite, il suffit de cliquer sur Pataquès, pour s'y rendre ! Eh oui !)
Là, tranquilles, le ventre repus, après une bonne fournée de petits sablés, nous avons vaqué à nos divagations habituelles...
Eux, je ne sais pas, je les ai laissés là, tandis que j'étais partie faire le lamantin quelque part entre la terre et pluton dans une mer lunaire, loin, très loin des marins pintés comme des coings qui auraient pu s'y méprendre et m'envisager comme une sirène ! Alors que l'eau c'est même pas mon élément !
*"Je ne faisais rien
C'est-à-dire rien de sérieux
Quelque fois le matin
Je poussais des cris d'animaux
Je gueulais comme un âne
De toutes mes forces
Et cela me faisait plaisir
Et puis je jouais avec mes pieds
C'est très intelligent les pieds
Ils vous emmènent très loin
Quand vous voulez aller très loin
Et puis quand vous ne voulez pas sortir
Ils restent là ils vous tiennent compagnie
Et quand il y a de la musique ils dansent
On ne peut pas danser sans eux
Il faut être bête comme l'homme l'est souvent
Pour dire des choses aussi bêtes
Que bête comme ses pieds"
Extrait de
dans ma maison, de Prévert donc.