Marie Ochka, artiste, feutrière. Tous droits réservés http://marieochka.fr/ "Quitte, en prenant la fuite, les injustices du sort si tu ne peux les supporter" Cicéron

mercredi 31 décembre 2014

Dans la catégorie "Les rites de Mama Ochka", un rare, très rare, pour finir l'année

Mama Ochka boit du thé mais il arrive, rarement, très rarement, si la migraine ou la fatigue s'y prêtent, que Mama Ochka boive du café et là, comme toute bonne sorcière qui se respecte, elle fait un peu de divination...
Mama Ochka, ce matin, a auguré un cheval, son petit homme, diligent, a instantanéifié l'instant (merci à lui !) :


Devinons donc, la divination :
Soit faut que je mange du cheval (mais je dois être trop anglicane pour faire pareille chose), soit faut que je monte à cheval (mais la moutarde téméraire ne me monte pas du tout au nez, c'est dire si je le sens pas), soit faut que je joue au PMU pour la première fois de ma vie et parier sagement sur l'outsider (me remettrai-je de ma surprise s'il gagnait ? J'aime pas vraiment les surprises, je me soigne mais je ne pense pas avoir assez de cette vie pour ce faire), soit faut que j'achète une roulotte ! Ben quoi ?

Ah, si seulement ça avait été un âne tout aurait été plus clair (j'ai vu chez le broc' un bureau à glissière, dit "dos d'âne", j'adorerai en avoir un de cet acabit) mais un cheval ! Quoique, les fleurs de porcelaine (sur la tasse auguratrice), ça fait cimetière et si je ne m'abuse (et je ne fais jamais ça moi-même), il doit y avoir pas trop loin d'ici la tombe du roi des gitans*, quand je vous dis que ça a un rapport avec un bureau ! Du coup, et c'est légitime, je vais finir l'année en me demandant si "un corbeau ressemble à un bureau" et aller finir de lire mes oracles dans le vol des choucas et autre Corneille : "Devine, si tu peux ; et choisis, si tu l'oses". Avec ça, j'y vois déjà plus clair ! Forcément ! C'est que d'ordinaire, je bois du thé, et que, à force, j'ai une logique de chapelier**.

* Il me semble avoir entendu ça une fois, dans ce monde-ci ou l'autre, l'inventé, mais les frontières s'effacent, alors ce n'est plus très utile de faire une différence (la soustraction y est impossible de toute façon, c'est l'addition qui y prévaut, toujours, c'est la règle, la seule).

**Le Chapelier ... se contenta de demander :
Pourquoi est-ce qu'un corbeau ressemble à un bureau ?
Veux-tu dire que tu penses pouvoir trouver la réponse ? demanda le Lièvre de Mars.
— Exactement.
— En ce cas, tu devrais dire ce que tu penses.
— Mais c'est ce que je fais », répondit Alice vivement. « Du moins... du moins... je pense ce que je dis... et c'est la même chose, n'est-ce pas ?
— Mais pas du tout ! s'exclama le Chapelier. C'est comme si tu disais : " Je vois ce que je mange ", c'est la même chose que : " Je mange ce que je vois ! "
— C'est comme si tu disais, reprit le Lièvre de Mars, que : " J'aime ce que j'ai ", c'est la même chose que : " J'ai ce que j'aime !

Ah ! Ce cher Lewis ! (Soupir d'aise)

jeudi 25 décembre 2014

Rites feutrés

Mama Ochka rendra grâce, aujourd'hui, comme il se doit, aux moutons de Noël !




et en profitera, au passage, pour vous souhaiter de joyeuses fêtes...


mardi 23 décembre 2014

Au chapitre de mes lubies : la valise défraichie

Je ne peux pas voir une vieille valise défraichie, à trois francs six sous, sans l'acheter, oui, même si la poignée est fatiguée ou inexistante, même si elle est trouée, griffée et j'en passe. La seule chose qui me rebute, le plus souvent, c'est le prix, mais c'est heureux, sinon, la maisonnée serait pleine de bagages ! Car ça fait 20 ans que cette lubie m'a prise...
Bien sûr, il y a une chose qui est difficile : lorsque je me ballade avec une de ces vieilles valises, un ou deux inconnu(e)s croisé(e)s m'appelle Linda se croyant drôles, j'imagine, ou me parle de ma valiche en carton avec un accent qui se veut portugais, enfin, je crois... mais bon, tant pis, si c'est le prix à payer pour ramener une de ses voyageuses chez moi et lui faire prendre une retraite salutaire dans mon imaginaire, ma foi...
Voici un petit échantillon de mes valises, j'en ai encore 5 ou 6 autres... Je n'en ai pas fait l'inventaire exhaustif...


Deux de celles-ci reprendront sans doute la route (si la vie le veut), une idée polymorphe qui me démange depuis un petit moment maintenant...

dimanche 14 décembre 2014

C'était il y a deux ans...

Oui, deux ans jour pour jour que j'ai planté pour la première fois une aiguille dans la laine... J'ai toujours le même plaisir et le même émerveillement à voir cette matière se modeler sous mes doigts.
Comme mon personnage emblématique ne vas pas trop sortir son joli minois ces prochaines semaines (Juste une fois ou pas, j'ai pas encore bien décidé), je vous montre une jolie flopée de ces joyeux drilles :


vendredi 12 décembre 2014

Une vieille histoire lancée comme un caillou blanc en avant, il y a un moment...

Tous droits réservés, ça va de soi...

GRANDE MÉTAMORPHOSE
ET TOUTES PETITES CHOSES

Longtemps, très longtemps, je me suis cherchée,
Longtemps, très longtemps, je me suis sentie perdue,
Et puis, comme par magie, la laine est entrée dans ma vie…

Je dédie cette histoire à tous ceux pour qui la vie n’est pas un chemin tout tracé, une évidence depuis l’enfance, à tous ceux qui, ne sachant pourquoi ils sont faits, avancent tout de même… Je leur souhaite de rencontrer une fulgurance, une belle évidence…


De toute sa vie, Méli-Mélo n’avait pas fait plus de trois pas…
Il faut dire que la pauvresse traînait un bagage ENORME qui lui causait bien du tracas.


Elle avait bien essayé d’abandonner cette valise plus d’une fois mais à chaque fois, allez savoir pourquoi, les mains libres soudain, elle se sentait perdue. Où aller ? En avant, en arrière ? Et pour faire quoi ? Elle ne savait pas…
Méli-Mélo revenait toujours à sa valise. Un jour, elle se dit qu’il était peut-être temps de la défaire… Elle n’avait jamais osé en regarder le contenu… Elle préférait rêver qu’elle traînait des pavés avec une plage en dessous et la mer en contrebas ou un désert tout entier, avec un écrin de verdure au milieu, niché sous les étoiles, un havre de paix avec de l’eau et des dattes, des palmiers à sucre et des palmiers à sel…
Elle avait, en vérité, peur de trouver à l’intérieur des soucis encore plus grands ou, tout au plus, des vêtements dévorés par les mites. Traîner sa valise, après tout, elle ne savait peut-être pas vraiment le faire, mais elle s’était habituée à rester là à essayer…
Et s’il fallait que ça change ?
Prenant son courage à deux bras pour enfin voir, enfin savoir, elle eut de nouveaux soucis : dans sa valise, point de paradis, pas de trésors extraordinaires ou ordinaires ni de petits ou de grands riens qui font la joie au quotidien. Non, juste un amas de laines emmêlées, un vrai sac de nœuds…
  

Devant ce triste constat, Méli Mélo s’installa au bord de sa valise, chagrine puis, avec une patience infinie, dénoua petit à petit l’embrouillamini.


Devant la flopée de mignonnes pelotes pleines de couleurs et de douceur, elle resta bouche bée…
Emerveillée…
Mais ça n’a pas duré…
De voir ses fils si prompts à se dérouler tout seul, ça lui a fait mal, et puis ça l’a exaspérée !
Fourrageant tout à coup dans ses laines si bien rangées, elle se mit à tout démonter, triturer, effilocher  jusqu’à ce que la laine ait retrouvé son état initial, la couleur en plus…


Là, enfin, elle se sentit apaisée, ne sachant pourtant pas que faire de ces mousses vaporeuses, mais elle pouvait regarder toutes ces fibres en vrac sans souffrir et sans se fâcher, c’était déjà ça, n’est-ce pas ?
Elle eu alors à nouveau envie de partir mais elle ne fit toujours pas trois pas : une douleur énorme l’empêchait de poser son pied gauche à terre. En s’asseyant sur son inséparable valise, elle regarda son pied et il y trouva une épine grande comme ça ! 



L’aiguille délogée,  Méli-Mélo contrariée attendait que ça cicatrise, toujours assise sur sa valise.
Elle avait la bougeotte, alors elle se mit à piquer ses laines pour se soulager et tromper l’ennui, aussi. Et c’est là, alors qu’elle ne s’y attendait pas, mais alors pas du tout, que la magie a opéré…
La matière domptée par l’aiguille a pris forme et cet amas informe s’est métamorphosé en toutes petites merveilles de laine…
Finie l’envie de voir du pays, le voyage se passait entre ses doigts et c’était bien comme ça.











           

La laine reste toujours cette évidence étrange, même si parfois lui donner place et souffle de vie ailleurs que dans mon atelier et ici, me parait, je l'avoue, très compliqué. Quoi ? Faut pas faire aveu de faiblesse comme ça ? Faut être FORT, très, toujours, même si c'est menti ? On me dit jamais rien à moi ! ;) 

mardi 2 décembre 2014

Mais que fait la feutrière ?

En ce moment, je me raconte des histoires... Ce matin, je bossais avec l'aimable collaboration de Gustave Doré :


vendredi 28 novembre 2014

Carte postale

Mama Ochka est sortie de son terrier pour aller regarder (de l'autre côté du miroir) dans l’œil de l'arbre et du tambour...



mardi 25 novembre 2014

Repli, explication partielle et pas très fine partout...


Le Morpion

Imitons la ténacité
De cet insecte qu’on méprise
Dames, messieurs qui vous grattez
Il ne lâchera jamais prise.

Les temps ont toujours été durs pour la bête (ce texte d'Apollinaire a été viré de son bestiaire, jugé trop libre, eh oui !) alors en période d'épilation intégrale, je vous raconte pas ! Java peut le faire pour moi si vous écoutez ça : https://www.youtube.com/watch?v=7QaoH60X_dE

Alors, je vais me replier pour imiter la ténacité de l'animal sus cité. Certes, je me replie dans ma cabane sous terre pas dans un caleçon, mais je me replie pour m'accrocher à mes poils de laine et à mes mots (qui ont une forme de pilosité si on sait la voir)... Je m'offre un temps de couvaison. Au nid de ma cervelle je couve, je couve...
Je couve une maladie que le monde trop laid, trop dur m'a refilée. Le rustre, l’ostrogoth, il éternue partout, peut pas se servir d'un mouchoir ?  

Voici le gardien de mon terrier, il a la clef, celle des champs et des sols où je me suis fracassée trop souvent (cf laideur et dureté du monde), la clef des secrets et des mystères et du distributeur de boule de gomme et du placard à bonbons ou à saucissons (on a pas toujours envie de sucre ! Ben non).


Bonjour chez vous.

vendredi 14 novembre 2014

En bref et sans pouvoir vous montrer...

J'ai la nette impression de me faire bouffer en ce moment, alors pour exorciser la chose, je feutre un bas relief représentant un ogre, bien sûr ça me prend une énergie dingue, n'allait pas croire que lorsque je feutre, je ne fais que planter mon aiguille dans de la laine pour lui donner forme, non, je mène parfois de vrais combats, là sur mon carré de mousse pas plus grand que ça.
Je me fais bouffer, ça m'épuise, j'ai envie de rentrer dans un trou de souris, mais je ne le ferai pas, non, j'ai même décidé d'être indigeste si nécessaire (ah, mais on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a), mais comme dans ma psyché intime brisée, rassemblée, je ne peux pas voir le vrai reflet de la chose qui me mange car dans l’œil du kaléidoscope, si on peut voir plus de choses que ceux qui ont un miroir intact et intègre et si on peut les voir différemment avec des sens profonds affleurant à la surface, certaines choses échappent à l'entendement. 

Ici, il devait y avoir une photo de l'ogre mais ligthroom n'est pas très obéissant aujourd'hui, et puis de toute façon, je vais me coucher parce que j'ai besoin déjà besoin d'une sieste !

jeudi 13 novembre 2014

Comme je n'ai pas toujours de suite dans les idées, des fois, je me demande pourquoi on me prend pour une blairelle...

Alors, je cherche, je vous jure, je cherche :


Je lorgne partout et même n'importe où, des fois que la réponse y serait :


Quitte à me brûler le minois aux vapeurs bouillantes d'un thé à peine infusé :


Des fois, je me pose et je réfléchis : "Mais pourquoi diantre on me prend pour une blairelle ?".


Je réfléchis partout, presque tout le temps :


mais non vraiment,


je comprends VRAIMENT pas pourquoi on me prend pour une blairelle, vous auriez une idée vous ?