Marie Ochka, artiste, feutrière. Tous droits réservés http://marieochka.fr/ "Quitte, en prenant la fuite, les injustices du sort si tu ne peux les supporter" Cicéron

vendredi 31 octobre 2014

Dans mon sac à malices...

Il y a deux souris vertes et une citrouille :


- PFFF, c'est vraiment n'importe quoi, y'en a qu'une de souris verte !
- Non, non, y'en a deux, si tu écoutes ce que l'une chuchote à l'autre, tu comprendras (cette maladie qu'ont les gens de se fier aux apparences externes, je vous jure !).

- Par ma moustache en poils de balayettes, mon chéri, j'ai failli ne pas te reconnaître, s'écrit la souris toute verte à son mari pas à la fête.
- C'est que je suis tombé sur un sale marmot qui m'a ébouillanté, frit dans un bain trop chaud, fait du bobo devant une bande d’ostrogoths vraiment pas jojo !

lundi 27 octobre 2014

Des incidences de ma vie de femme de plume et de laine sur mon corps et mon esprit

Enfin, je vais pas faire l'inventaire complet, je vous rassure !

En une semaine, j'ai perdu quatre kilos, oui, quatre, rien qu'à feutrer et à brouillonner les mots de mon petit homme de laine aux cheveux gris  Il pèse à peine dix grammes et j'ai noirci tout au plus quatre feuillets sur mon carnet... 
Depuis qu'il est ici, je ne dors plus beaucoup,  je fixe le plafond avec un air imbécile dans le noir et sans le voir, j'oublie de manger, je vois à peine le temps passer, j'oublierai presque qu'il y ait un monde en dehors de celui que je crée s'il n'y avait la vie pour me le rappeler, alors cette semaine je vais lui faire une amoureuse. Oui, cette semaine je vais me coller un vrai faux chagrin d'amour, il faut bien ça, je pense pour que l'autre adhère à l'histoire...

Ah, mais pensez donc, si j'étais normale, je ferais un autre métier ! Suis-je bête (oui en plus d'être zébrée, je cumule, que voulez-vous), gagne-petit, c'est même pas un métier, j'oublie toujours, c'est que je suis distraite, je suis amoureuse je vous dis ;)

Bon la vérité est ailleurs, voilà un moment qu'à lorgner mes étagères de bibliothèque, à observer les gens s'aimer, à analyser les rapports distendus ou rompus et les vrais liens tissés dans ma vie, je m'interroge sur les rapports affectifs, je parle aussi d'amitié.
Mais qu'est-ce donc que l'amour, ce fourre-tout mêlé de possessions, de jalousie, de soumission, de domination, de fusion, d'idée que ça roule tout seul pour mener au septième ciel sans effort aucun et j'en passe ? Oui, parce qu'on peut aimer aussi le boudin ou la confiture de fraises, voire les deux !

Je n'entends rien à la fusion, à cette chose étrange qui voudrait que lorsqu'on s'aime, on ne devienne qu'un seul, Quand les rapports glissent sur ce terrain là, je me demande aussitôt : "Oui, mais lequel ?" J'ai rencontré beaucoup de personnes qui veulent soumettre l'autre au joug de leurs sentiments, d'autres qui voudraient le changer pour qu'il s'approchent au plus près de ce qu'ils sont ou de ce qu'ils désirent et ce, que l'autre le veuille ou non et qui vont jusqu'à s'étonner qu'étant devenu geôlier, l'autre parle de se casser !
Pour moi le rapport affectif est une addition :
1+1=3
Oui, trois ! L'un, l'autre, et cette nouvelle entité, bien vivante, née de la rencontre et qui évoluera, grandira, maturera avec le temps, tout ce qui consiste à faire durer cet être là sans renier jamais les deux autres, voilà ce qu'est l'amour pour moi.
Alors, comme le mot aimer me parait avoir trop de costumes, j'ai envie d'en inventer un autre fait de tendresse et de compréhension, bon tension ou compresse ça le fait pas vraiment, faut peut-être plutôt hybrider estimer et respecter. Je sais pas, faut voir, j'ai pas le temps, j'ai une amoureuse à feutrer, un texte à peaufiner et dont il manque un morceau qui plus est, alors, pensez donc si j'ai le temps de m'interroger sur l'amour ! ;)

mercredi 8 octobre 2014

Faire des secrets

Qu'est-ce qui se niche dans cet écrin ? Qu'est-ce qui dort dans cette boite à trésor ? Une perle, une merveille, un bijou ?
Aujourd'hui, je dirai rien du tout, mais un jour, promis, je vous dirai tout !


dimanche 5 octobre 2014

Dans la série les blaireaux de A à Z, aujourd'hui, le A, ou petit apperçu de la logique blairOchkaïenne

Amédée vit sous les toits du A, mais comme sa maisonnette n'a ni porte ni fenêtre, il est bien obligé de rentrer par la cheminée...


lundi 29 septembre 2014

Il est lundi

Se mettre à l'ouvrage, regarder son planning (avec semaines interchangeables pour garder sa motivation intacte)
Bien sûr, avoir à l'esprit qu'il faudra tanner la peau de mon cauchemar de l'avant dernière nuit, commencer à avoir une idée, la laisser germer, mais  garder pied dans la réalité et donner priorité à mes projets en cours... D'ordinaire, j'aurais d'abord chassé le bout de frayeur niché en moi, mais cette fois, je vais faire autrement, travailler avec un fond d'angoisse pour voir...

Allez je vous montre d'autres points de vue de mama Ochka...

Le sceptre en attente :


Le gros plan du trio :


Le gros plan de Mange-chagrins et d'Alice :




dimanche 28 septembre 2014

Il n'y a pas que les tupperwares et les fabricants de boites hermétiques qui sont utiles à l'homme ! Eh non !


Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, même les nuits !
A cette heure, je ne suis pas encore tout à fait revenue du pays des cauchemars, j'ai été catapultée là-bas, d'un coup d'un seul, d'un coup de semonce, d'un coup de tonnerre, dehors il faisait beau, la nuit été calme, paisible, dedans grondaient des choses informes et rampantes...
Je n'ai pas encore tanné la peau de l'angoisse, pourtant, tout à l'heure, demain, un de ces jours prochains, sur ma table de travail, il y aura une chose pleine de douceurs et d'attraits à mes yeux, à mes doigts...
Je ne n'ai pas trouvé ça toute seule, j'ai pris mes leçons chez Aragon, rien que ça !

Les oiseaux déguisés

Tous ceux qui parlent des merveilles
Leurs fables cachent des sanglots
Et les couleurs de leur oreille
Toujours à des plaintes pareilles
Donnent leurs larmes pour de l’eau

Le peintre assis devant sa toile
A-t-il jamais peint ce qu’il voit
Ce qu’il voit son histoire voile
Et ses ténèbres sont étoiles
Comme chanter change la voix

Ses secrets partout qu’il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé

Ma vie au loin mon étrangère
Ce que je fus je l’ai quitté
Et les teintes d’aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d’une nuit d’été

Automne automne long automne
Comme le cri du vitrier
De rue en rue et je chantonne
Un air dont lentement s’étonne
Celui qui ne sait plus prier

Louis Aragon, Les Adieux et autres poèmes 


lundi 22 septembre 2014

Faire-part

Après une période de gestation d'un éléphant (21 mois et une semaine), Mama Ochka est née avec tous ses attributs, l'avant-veille de l'automne... La transe maïeutique (comment que je cause beau dites donc !) a duré trois jours ! Je ne vous raconte pas comment je suis crevée, je vais vous raconter autre chose plutôt :

Mama Ochka est une sorcière ! N'ayez pas peur, elle est plutôt du genre bienveillant, mais si vous lui cherchez des poux ou des morpions dans la pilosité, vous aurez à faire à elle et à l'un de ses attributs, ça c'est sûr. Mama Ochka, faut pas la chercher sinon on la trouve, CQFD.

Elle porte sur sa caboche de tête de pioche un couvre-chef en coudrier, le fameux casque-noisette, ce bois dont on fait les bâtons de sourcier, car Mama Ochka, un jour, a trouvé la source, tout au fond d'un gouffre et elle lui a fait remonter la falaise pour la faire s'écouler en surface. Au besoin, elle sait faire l'impossible, mais pas trop souvent, c'est un peu fatigant.

En bandoulière Mama Ochka porte un pipeau dont elle joue volontiers mais, à défaut de musique, ce sont des mots qui en sortent, des mots qui mentent mais disent pourtant parfois leur comptant de vérités inventées ou réinventées.

Près du pipeau, une épingle où pendouille des attributs virils, oui, Mama Ochka s'est fabriqué une jolie petite paire de couilles en or, elle a trouvé que sur le revers de son manteau ça serait du plus joli effet et intimerait le respect, "s'être fait des couilles en or", ça a l'air important...

Dans son dos, un carquois rempli d'aiguilles à feutrer qui surveillent ses arrières et l'aident à semer en chemin ses petites laines et des chimères, quelques rires, quelques sourires, un peu de douceur... Dans le carquois, une plume pour voir voler les éphélènes (mot inventé pour désigner un insecte gracile et fragile, dansant loin des phalènes et des lampes assassines. L'éphélène se réchauffe aux feux de glace d'un encrier de verre où tremble, au dessus des naufrages, l'éclat irisé des songes) ou pour inventer des histoires pour des valises, pour des petites filles presqu'imaginaires ou pour tout autre chose, mais surtout pas pour n'importe quoi ! Pour une grenade pas fruit ou un fusil ou un truc de cet acabit, Mama Ochka n'invente rien, jamais.

Mama Ochka avance en s'appuyant sur un sceptre païen (trouvé par terre un jour de balade au bord de l'eau), façon crosse de Saint Nicolas, pour le paradoxe et parce qu'elle aime l'idée qu'il libère les enfants des saloirs et chemine à dos d'âne et qu'il est donc fort probable que ce soit l'âne qui le balade, or il est très sage de se laisser conduire par un âne et de ne pas laisser faire quand on torture les petits enfants).

Sur le sceptre, sa chevelure de vieille femme mêlée de laine vert-j'espère et, accroché au sceptre par un bouton de nacre (car même une coquille vide à le droit à une seconde vie, à une nouvelle utilité-identité), un attrape-rêves qui laisse passer les belles choses de la vie et capture les autres pour qu'elles n'atteignent pas Mama Ochka et son petit monde ouvert et fermé à la fois.

Sur l'attrape-rêve pendouillent une petite plume qui danse au vent (car il est très important d'avoir une plume), une coquille d'escargot (cet être qui en bave en chemin mais trace dans un acte alchimiste des sillons d'argent sur sa route), un duvet doux (pour s'y lover comme dans un cocon les jours de replis nécessaires, de tendresses obligées ou pour les jours de rêveries obligatoires), deux cupules de glands soudés (même un gland peut devenir un chêne, et deux glands forment déjà le début d'une forêt) et une graine d'aulne, mais ça elle ne sait vraiment pas pourquoi : il a fallu la mettre là, ça paraissait évident, peut-être parce que Mama Ochka vit sur une ancienne terre de marais ? Qui sait ? Même Mama Ochka ne sait pas, elle ne cherche pas, si l'on sait tout, on n'a plus rien à inventer...

Et sous son épais manteaux de laine recyclée, qui la protège sans l'empêcher de respirer, elle abrite un petit blaireau, son animal fétiche, son emblème, son totem, elle l'a appelé Croque-chagrins, car quand elle n'a pas le moral, le bougre de petit animal cocasse, feutré et doux comme un agneau, la fait rire, la fait réfléchir et regarder autrement (au pied de la lettre par exemple) et l'aide à avancer quand ses jambes coupées par les aléas de la vie l'empêchent de mettre un pied devant l'autre, et ils avancent de concert quand tout va bien aussi !

De l'autre côté de sa grande pelisse de laine recyclée, Mama Ochka abrite une petite mioche emmitouflée dans l'épais manteaux de ses rêves. Sur sa tête, un béret-cupule-de-gland pour protéger ses songes et leur offrir la force et la chaleur du chêne, ils brûleront lentement en distillant une douce chaleur à tout ce petit monde qui n'en fait qu'un et se serre les coudes. La gamine s'appelle Alice-la-reine-de-ses-rêves...


Voilà pour les attributs de tous les jours.
Mama Ochka a aussi des attributs de jours fériés, des attributs de jours de fête et de défaites, des attributs de jours de pluie, des attributs de jours de pleine lune et des attributs de nuits sans lune, des attributs pas encore trouvés et des attributs à découvrir et d'autres encore... Mais on ne peut pas tout dire ni tout montrer en une fois !